SECTEUR PRIVÉ Joint Economic Council


Raj Makoond : " Le combat contre la corruption, notre priorité en 2008 ! "

Raj Makoond

La lutte contre la corruption sera une des principales priorités du Joint Economic Council (JEC), a déclaré au Mauricien Raj Makoond, directeur de l'instance dirigeante du secteur privé. La corruption est encore à un niveau inquiétant à Maurice, a-t-il observé en se basant sur l'indice de perception de la corruption de Transparency International.

Se référant à un article paru dans la Newsletter du JEC, M. Makoond observe qu'après un relatif progrès en 2006, le classement de Maurice dans l'indice de perception de la corruption a subi un net recul cette année. Selon la publication de Transparency International, Maurice est passée de la 42e place en 2006 à la 53e cette année. En 2005, Maurice était classée 51e et avait progressé au 42e rang l'année dernière.

Raj Makoond relève que Transparency International avait attiré l'attention sur le progrès de Maurice par rapport à sa performance en 2005. Le pays faisait partie d'un groupe qui avait amélioré sensiblement son classement. Pour Raj Makoond, le récent recul dans le classement de Maurice préoccupe, surtout quand on sait que l'indice de perception de la corruption de Transparency International définit la corruption comme l'abus des postes publics pour les gains personnels, dit-il. L'indice mesure " the degree to which corruption is perceived to exist among a country public officials and politicians ".

Depuis 2001, des efforts conséquents ont été faits en vue de lutter contre la corruption, souligne le JEC. Un arsenal légal et institutionnel a été mis en place dans ce sens. La Independent Commission Against Corruption (ICAC) a été instituée et plusieurs lois ont été votées en vue de mettre fin à la corruption dans les entreprises. Un code de bonne gouvernance a été adopté. Le nouveau Companies Act et le Financial Reporting comprennent des clauses afin de prévenir et punir des délits de corruption.

L'absence d'un code sur le financement des partis politiques et son corollaire, le trafic d'influence se fait dramatiquement ressentir. L'adoption d'un code transparent pour le financement des partis politiques contribuerait grandement à assainir la situation, selon JEC. Un comité d'élite a fait plusieurs recommandations valables sur le financement des partis politiques. Il préconise notamment le renforcement du rôle de régulateur de l'Electoral Supervisory Commission - qui aurait la responsabilité de garder à jour le financement des partis politiques. De plus, les dons privés seraient permis mais à condition d'être absolument transparents. Les partis politiques devraient garder des comptes audités de leur financement et les soumettre régulièrement à l'ESC où ils peuvent être publiquement consultés.

Le Joint Economic Council souligne que les propositions du Select Committee rejoignent la section 23 du Model Code of Conduct du JEC qui préconise que les compagnies déclarent les financements accordés aux partis politiques.

D'autre part, en vue d'un meilleur contrôle sur les finances publiques, l'Union européenne a exigé que Maurice dispose d'un nouveau Procurement Act. La legislation a déjà été adoptée par le Parlement mais n'a toujours pas été promulguée. Cela devrait être le cas au début de l'année prochaine.