JEC Message de Jacques de Navacelle


" Notre force, c'est notre population dans sa diversité "

La force de Maurice réside en sa population, dans toute sa diversité. C'est le postulat que défend le président du Joint Economic Council (JEC), Jacques de Navacelle, dans son message publié dans le bulletin du JEC diffusé hier et qu'il intitule " The lesser known error of James Meade ".

Les prévisions apocalyptiques par rapport à Maurice du Prix Nobel d'économie James Meade, en 1961, sont connues. Ce dernier avait même été jusqu'à se lamenter sur la diversité ethnique de Maurice, qu'il considérait comme une malédiction, relève Jacques de Navacelle. Toutefois, souligne-t-il, dans un document du Fonds Monétaire International intitulé " Who can explain Mauritian Miracle ? ", des économistes, dans leurs recherches en vue de trouver une explication à la forte croissance de Maurice, considèrent qu'il existe un " unexplained component " dans le taux de croissance enregistré par notre île. Ils considèrent que le maillon manquant pourrait bien être la diversité et la composition ethnique de Maurice, contrairement à ce que Meade avait présenti comme une faiblesse majeure.

Le document du FMI soutient que " diversity had three important benefits : it was a repository of communities that turned out to have important linkages with the rest of the world, creating positive externalities for the country, it forced the need for economic balance that explained the preservation of the cash cow, namely the sugar sector, and it forced the need for participatory political institutions that were important in maintaining stability, law and order, rule of law, and mediating conflict ".

M. de Navacelle observe que sur la base de la performance passée de Maurice en termes de croissance du Produit Intérieur Brut et de revenu par tête d'habitant, la gestion de la politique économique dans un environnement de préférence commerciale a été bonne.

" Est-ce que la gestion de la politique économique de Maurice sera aussi bonne dans un environnement dépourvu de toute préférence commerciale ? ", se demande le président du JEC. Il rappelle que le 4 décembre, Maurice a signé l'accord intérimaire de partenariat économique avec l'Union européenne confirmant le démantèlement du Protocole sucre dans quelques années. Le lendemain, le gouvernement et les producteurs sucriers sont arrivés à un accord sur la voie à suivre pour la mise en œuvre de la réforme du secteur sucrier après des mois de tensions. A la suite de l'accord, plusieurs réunions gouvernement/MSPA ont été organisées pour lancer la réforme. Malgré tout le bruit fait autour de la réforme sucrière, écrit-il, Maurice a été en mesure de résoudre ses divergences. " The road may be jumpy but pragmatism and the need to accommodate in the face of crisis will force its way ", souligne Jacques de Navacelle, qui se place parmi les observateurs privilégiés de la construction d'un nouveau " political economic equilibrium " pour relever les défis de la compétition globale et du nouveau modèle de développement. " Our ethnic diversity will again be our strength ", soutient-il. Sur la base de ses trente ans d'expérience dans la gestion des affaires, il arrive à la conclusion que le facteur humain est la clé du succès. " Why should it be different for our country ? Our strength, indeed, is our people in its diversity. "

De son côté, le directeur du JEC, Raj Makoond, souligne les réformes qui ont marqué l'économie durant ces dernières années : du Protocole sucre à la Multi Annual Adaptation Strategy, du TEST à la renaissance du secteur textile et de l'habillement, d'Ebène à la Cybercité, de la terre aux IRS, de la mer au seafood hub, du one stop shop à la facilitation des affaires et des secteurs aux clusters. Cependant, souligne-t-il, trois secteurs méritent une attention urgente : la réforme du travail, l'amélioration des infrastructures et l'inadéquation entre la formation et l'emploi.