BUDGET 2010 Le JEC commente :
Satisfaction du maintien du Stimulus Package et de l'approche
sociale
Le Joint Economic Council (JEC) est satisfait que le Budget 2010 ait
maintenu, dans la forme et dans le fond, les mesures contenues dans
l'Additional stimulus package. Tout en étant d'accord avec l'approche
sociale de ce budget présenté, hier, par le Grand argentier, le JEC trouve, en
ce qui concerne le paiement d'une compensation salariale à partir de janvier
2010, que " c'est un peu prématuré ", le secteur privé s'attendant à ce
que toute nouvelle compensation salariale soit applicable à partir de juillet
2010.
" Le budget 2010 se situe dans la continuité de celui présenté en mai
2009 et qui couvrait une période dix-huit mois ", a déclaré Gérard
Garrioch, président du JEC, lors d'un point de presse, hier soir, à l'issue
d'une séance de travail avec les dirigeants des diverses organisations du
privé faisant partie du conseil. Gérard Garrioch estime que le maintien du
Stimulus Package jusqu'à décembre 2010 répond à une demande faite en ce
sens par le JEC : " C'est avec soulagement que nous accueillons la
poursuite du programme du Stimulus Package qui fait, par ailleurs, place pour
une extension de la couverture d'une des composantes du programme, notamment
les facilités de crédit-bail pour la modernisation de l'équipement. " Le
JEC se réjouit du fait que le gouvernement ait reconnu la nécessité de
préserver la structure de dialogue entre le secteur public et le secteur privé
concernant le plan de soutien aux entreprises pour la relance de l'économie.
" Nous estimons que les mesures en faveur des petites et moyennes
entreprises, voire des micro-entreprises vont dans la bonne direction. La
structure de dialogue secteur privé- secteur privé concernant le Business
Facilitation Act en vue de l'amélioration du cadre des affaires est une
bonne décision. Elle répond d'ailleurs à une des demandes contenues dans notre
mémorandum prébudgétaire ", a déclaré Géarard Garrioch. Toujours sous le
volet économique, le JEC est d'avis que toutes les mesures portant sur le
développement des infrastructures vont dans le bon sens. " C'est une de nos
préoccupations et nous ne cessons de l'exprimer depuis des années car nous ne
voulons pas que la croissance soit freinée à cause des problèmes au niveau des
infrastructures du pays. Nous constatons que le gouvernement a fixé des
échéances concernant l'exécution des divers projets et c'est bien ainsi car il
est un fait que la mise à exécution des projets prend un certain temps ",
a ajouté le président du JEC.
Manque de clarté
S'agissant du projet Maurice, île Durable (MID), le JEC dit approuver ce
concept novateur qui ne peut qu'aider à rehausser l'image du pays et à
améliorer l'investissement. Le JEC note que plusieurs microprojets ont été
annoncés par le ministre des Finances mais souligne qu'il y a " un manque
de clarté " concernant l'élaboration des projets de green energy.
Au plan social, le budget 2010, fait remarquer le JEC, met beaucoup
d'accent sur le programme de responsabilité sociale des entreprises. Beaucoup
de mesures seront exécutées sous ce programme. " L'approche est bonne
", a soutenu Gérard Garrioch. Parlant du programme de construction de
logements sociaux, le président du JEC a dit son appréciation que les
autorités aient décidé que l'accès à ces logements repose sur un contrat
social avec les éventuels occupants.
Le seul élément du budget qui semble "fâcher" le secteur privé est la
décision du gouvernement d'imposer le paiement d'une compensation salariale à
partir de janvier 2010. " C'est un peu prématuré car nous pensons qu'il y a
des industries qui sont encore fragiles. D'ailleurs, le ministre des Finances
lui-même a reconnu que la reprise demeure fragile ", a fait ressortir
Gérard Garrioch. Le secteur privé, a-t-il poursuivi, avait pensé que le
paiement d'une nouvelle compensation salariale allait se faire en juillet 2010
avec un ajustement à partir de janvier 2011.
Dans ces commentaires généraux sur le budget 2010, Raj Makoond, directeur
du JEC, a estimé que le taux de déficit budgétaire estimé pour 2010, soit 4,5%
du Produit Intérieur Brut (PIB), n'est pas mauvais compte tenu de la situation
ailleurs, plus précisément dans les pays développés, et aussi du fait que le
gouvernement ait maintenu les composantes du Stimulus Package. " C'est un
sustainable deficit ", a souligné Raj Makoond. Le directeur du JEC a dit
son appréciation de la mise en place d'un partenariat renforcé entre le
secteur public et le secteur privé pour améliorer le cadre de facilitation des
affaires. " Nous sommes pour le modèle proposé concernant le combat contre
la pauvreté. Nous estimons que dans la conjoncture actuelle il faut pouvoir
prendre soin de ceux se trouvant au bas de l'échelle ", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, se référant aux indicateurs macroéconomiques, le président de
la Mauritius Bankers Association (MBA), Antony Withers, est d'opinion
que le taux de déficit budgétaire et le niveau de la dette (en pourcentage du
PIB) peuvent être qualifiés de " modestes ". Le budget, selon lui,
jette les bases pour la reprise économique, laquelle reprise sera lente.
À la question de savoir si le ministre des Finances a, dans le budget 2010,
privilégié beaucoup davantage sle social que le développement économique,
Gérard Garrioch a répondu en ces termes : " On ne peut mettre en opposition
l'aide aux entreprises et les mesures sociales. La meilleure façon de protéger
le social c'est de maintenir les emplois à travers le soutien aux entreprises
".