POLÉMIQUE Le JEC :


" Ramenons le débat aux enjeux économiques "

Les dirigeants du Joint Economic Council (JEC) souhaitent, après avoir pris note des réactions aux points soulevés lors de leur conférence de presse de jeudi dernier, que le débat soit ramené aux enjeux économiques auxquels le pays doit faire face.

" Il ne faut pas en faire une question politique. Nous, au JEC, parlons de choses concrètes. Le JEC veut que le débat soit ramené aux enjeux économiques et à l'intégration de Maurice dans la globalisation. Ce que nous recherchons, ce sont de vrais débats sur les problèmes du pays ", ont déclaré au Mauricien, ce matin, Jacques de Navacelle et Raj Makoond, respectivement président et directeur du JEC.

La direction du JEC dit regretter que des réactions politiques aient été enregistrées durant le week-end. " Or, l'enjeu économique est trop important pour qu'on sorte en dehors de ce cadre. Nous avons toujours placé le débat dans un contexte économique, en particulier dans le cadre de la réforme actuellement enclenchée. Il ne faut surtout pas ramener le problème à un conflit personnel ", ont soutenu ses dirigeants.

Le conseil du JEC compte se rencontrer demain. " Une réunion normale ", annonce-t-on mais il est certain que les relations tendues entre le secteur privé et le gouvernement et les réactions de divers milieux après la récente conférence de presse seront étudiées.

Par ailleurs, la direction du JEC annonce qu'elle a déjà entamé une réflexion sur la préparation de son mémoire en prévision de la présentation du budget 2007/2008. Le document, indique-t-on, pourrait être prêt vers la fin de la semaine prochaine pour être soumis au vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen.



SADIEN : le JEC doit accepter que le GM a une responsabilité sociale

Réagissant au bras de fer qui oppose ces jours-ci le Joint Economic Council (JEC) et le gouvernement, le syndicaliste Radhakrishna Sadien, président de la Mauritius Trade Union Congress, exprime son étonnement à propos de la prise de position de cette instance du secteur privé. " Le patronat ne doit pas interpréter les actions gouvernementales comme des attaques ", déclare-t-il.

Il souligne que dans le secteur privé a toujours été un partenaire privilégié des différents gouvernements. " L'ancien gouvernement avait des réunions régulières avec le secteur privé. L'année dernière, le secteur privé a félicité le gouvernement de l'Alliance sociale pour son budget, alors que les syndicats étaient farouchement contre les mesures budgétaires annoncées ", rappelle-t-il.

" Il faut que le secteur privé soit conscient qu'il est aussi du devoir du gouvernement d'assurer une certaine justice sociale. Il ne peut adopter le même point de vue que le secteur privé dont la principale motivation est l'optimisation des profits ", déclare M. Sadien. Et de rappeler que sans justice sociale, le développement économique relève de l'illusion. " Kan sa aranz sekter prive zot partner gouvernma ; kan sa pa aranz zot, zot koz interferans gouvernmantal ", lance-t-il.