JOINT ECONOMIC COUNCIL


" Budget équilibré et placé dans la continuité "

Le Joint Economic Council (JEC) accueille favorablement le budget 2008/09 dans son ensemble. " C'est un budget qui contient des éléments très favorables. Il est bien équilibré et doit être placé dans la continuité ", a déclaré hier le président du JEC, Gérard Garrioch, à l'issue d'une réunion de concertation avec les représentants des diverses organisations du privé. Pour sa part, le directeur de l'organisme du secteur privé, Raj Makoond, pense que le budget 2008/09 aide davantage Maurice à intégrer le monde global et qu'il vise à transformer Maurice en une plate-forme performante.

Pour la direction du JEC, il est un fait que les réformes économiques initiées ces dernières années ont produit des résultats probants et ont permis d'élargir le fiscal space et de dégager des ressources adéquates pour le financement de divers programmes, dont ceux portant sur le développement des infrastructures, le combat contre la pauvreté, l'éducation et la formation professionnelle, le relèvement des défis que représentent les crises alimentaires et énergétiques. " Certes, le budget a une dimension sociale relativement forte mais l'économie n'a pas été négligée pour autant ", a noté Gérard Garrioch. Le JEC est d'avis qu'il faut placer le nouveau budget dans la continuité des programmes mis en place sous les deux précédents. Ses dirigeants font ressortir que la question de facilitation des affaires est toujours d'actualité et que les mesures annoncées cette année se situent dans la foulée des actions prises sous le Business Facilitation Act.

Raj Makoond signale également que, comme souhaité par le secteur privé, le développement des infrastructures retient l'attention des autorités et que plusieurs mesures sont envisagées. Cependant, fait-il remarquer, il faudrait préciser certaines positions concernant le développement des infrastructures portuaires. " Des investissements conséquents sont annoncés dans les projets routiers, l'aéroport et dans le port mais un certain flou persiste toujours concernant le partenaire stratégique de la Cargo Handling Corporation ", a-t-il déclaré. Le JEC approuve les mesures budgétaires incitant à un accroissement des investissements privés. " Nous notons également avec satisfaction qu'on n'est pas revenu sur la fiscalité qui, selon nous, demeure appropriée ", souligne Gérard Garrioch.

Régulateur indépendant

Le JEC dit apprécier les déclarations et décisions visant à transformer Maurice en une île durable. Sur la question énergétique, l'organisme du secteur privé estime qu'il est parfaitement possible d'exploiter au maximum les sources d'énergie renouvelable et de produire 40 % de ses besoins en électricité à partir de ces sources au cours de la prochaine décennie. " Le projet Maurice île durable est un point très fort du budget et le secteur privé jouera pleinement son rôle ", affirment les dirigeants du JEC. Ces derniers apprécient la réaffirmation de la volonté du gouvernement de nommer un régulateur indépendant pour le secteur énergétique. Ils notent avec intérêt les mesures d'encouragement aux independent power producers.

Sur la question de crise alimentaire, le JEC a pris bonne note des mesures incitatives pour accroître la production de certaines denrées et des efforts déployés pour approfondir la coopération avec des pays de la région en vue de l'exploitation de terres agricoles dans ces pays. Gérard Garrioch admet, au vu des problèmes rencontrés dans le passé, que les projets de coopération agricole avec les pays voisins sont parfois difficiles à mettre en chantier mais il se dit optimiste, du moins dans le cas de Madagascar, que des réalisations sont possibles. " C'est clair que Maurice ne pourra être autosuffisante en un certain nombre de produits agricoles. Ce qu'il nous faut en premier lieu, c'est établir un environnement propice pour que les entrepreneurs locaux puissent démarrer efficacement leur production au plan régional ", dit Raj Makoond.

Par ailleurs, le JEC note avec satisfaction que, dans cette phase de transition économique difficile, le budget 2008/09 veut également protéger les plus vulnérables de la société mauricienne et les faire intégrer dans le wagon du développement. Le JEC soutient l'approche proposée pour des actions concertées et bien pensées entre le gouvernement, le secteur privé, les organisations non gouvernementales dans le combat contre la pauvreté absolue. " Sans une approche intégrée, il sera difficile d'optimiser les résultats. Si nous travaillons ensemble, nous mettrons plus de chance de notre côté ", affirme Raj Makoond. " Les poches de pauvreté ont été identifiées. Les causes sont connues. Là où le secteur privé peut apporter une aide significative, c'est au niveau de l'emploi des personnes concernées. Le ministre des Finances a proposé plusieurs axes d'intervention. On le soutient dans sa démarche ", ajoute Gérard Garrioch.

Par ailleurs, le JEC relève que le ministre des Finances a pu maintenir le déficit budgétaire à 3,8 % du Produit Intérieur Brut en 2007/08 et que l'effort de réduction de ce déficit sera poursuivi en 2008/09 avec un objectif de 3,3 % et ce malgré la décision d'appliquer la totalité des recommandations du PRB dès le début de la prochaine année financière.



AMM : révision surprenante de certains droits de douane

La révision de certains droits de douane annoncée par le Grand argentier a pris par surprise certains dirigeants d'organisations du secteur privé dont l'Association of Mauritian Manufacturers (AMM) et le Joint Economic Council (JEC).

Les présidents du JEC et de l'AMM, Gérard Garrioch et Patrick Rivalland respectivement, sont d'avis que la réduction de ces droits va affecter des producteurs locaux de ces mêmes catégories de produits. Mention est faite plus particulièrement des producteurs du secteur agro-industriel.

C'est bien, disent-ils, que le ministre des Finances ait parlé de l'introduction d'une loi antidumping, de la révision des lois telles le Food Act, le Metrology Act et le Dangerous Chemicals Act. Mais, disent-ils, ces lois auraient dû être introduites avant qu'on ne baisse ou n'abolisse les droits de douane.

" Cela prend du temps avant qu'on ne ressente les effets de ces nouvelles lois annoncées. De plus, on a parlé d'un fonds spécial pour les entreprises locales. On ne sait pas comment les fonds seront débloqués et quelles seront les conditions pour y avoir accès ", affirme Patrick Rivalland.