FINANCEMENT POLITIQUE Raj Makoond (JEC) :
" Tous les éléments sont réunis pour un cadre légal "
Tous les éléments sont réunis pour la création d'un cadre légal réglementant le financement des partis politiques, a déclaré au Mauricien, ce matin, Raj Makoond, directeur du Joint Economic Council qui commentait le jugement du Judicial Committee du Privy Council concernant Ashock Jugnauth.
Raj Makoond a rappelé que le Financial Reporting Act de 2004 a été promulgué depuis longtemps. Conformément à cette législation, un Code of Corporate Governance a été diffusé par le National Committee on Corporate Governance et publié dans la Gazette du gouvernement le 7 mai 2005. La clause 8.5.1 concernant les contributions politiques prévoit : " In the event that the directors decide that it is appropriate to provide funds for political parties or causes, then the aggregate sum contributed to political parties/causes should be declared in the annual report. "
D'autre part, le Select Committee sur le financement des partis politiques recommande, pour sa part, que le rôle de l'Electoral Supervisory Commission (ESC) soit consolidée et qu'elle puisse " maintain proper Reports on the finance of political parties for consultation by the public ". Le Select Committee recommande également que les partis politiques gardent des comptes audités sur leurs sources de financement et qui seraient soumis à l'ESC ; que les partis politiques soient enregistrés ; que la limite des dépenses prévues pour les candidats indépendants ou d'une formation politique soit fixé à Rs 1 M et qu'une distinction soit établie entre les dépenses durant et en dehors d'une campagne électorale.
Pour le directeur du JEC, le financement des partis politiques est une source importante de corruption. " Les cotisations et contributions des membres et sympathisants sont largement insuffisantes pour financer les campagnes électorales. Le financement des partis et la corruption politique peuvent aussi engendrer une foule d'intermédiaires qui n'appartiennent pas forcément à la classe politique ni à celle des chefs d'entreprise. Mais ces émissaires des politiciens échappent au contrôle des partis et à l'investiture. Entre le financement des partis et l'enrichissement personnel, le rôle de ces acteurs est trouble ", ajoute Raj Makoond citant un extrait d'un texte paru dans la dernière édition du Newsletter Brief diffusé par le JEC.
Notre interlocuteur souligne que le Privy Council vient souligner, à nouveau, l'importance d'un code de conduite pour les membres du gouvernement et du secteur privé. " Tous les éléments sont réunis pour que rapidement Maurice mette en place un cadre légal ", a conclu le directeur du JEC.