ÉCONOMIE L'arrêt de production chez Desbro


JEC: " Desbro est victime d'une contradiction économique "

Fareed Nourdally, employé chez Desbro, et membre de la Steel Rolling Workers Union exprimant l'inquiétude des employés quant à leur devenir, lors de la rencontre avec la direction ce matin

" Desbro est victime d'une contradiction interne de la politique de réforme économique introduite par le gouvernement ", ont constaté le président et le directeur du Joint Economic Council (JEC), Jacques de Navacelle et Raj Makoond, dans une déclaration au Mauricien, ce matin.

" En essayant de faire croire que le contrôle des prix va entraîner une baisse des prix, les décideurs politiques sont en train d'induire la population en erreur ", soutiennent-ils.

" Aujourd'hui, avec le fait que Desbro n'ait pas eu de réponse ministérielle en ce qui concerne une requête d'augmentation des prix, on peut affirmer qu'elle est une victime de ce paradoxe économique ", a insisté Raj Makoond.

Jacques de Navacelle, pour sa part, affirme qu'il y a un plan de réforme très profond pour adapter l'économie mauricienne à l'environnement international. " C'est un plan très ambitieux, disposant de son équilibre interne. Ce plan est dangereusement menacé par le maintien de conceptions dépassées de contrôle de prix et d'intervention de l'État dans le circuit économique. On ne peut pas à la fois ouvrir l'économie, susciter l'innovation, l'initiative, l'entrepreneuriat et en même temps contrôler les prix et laisser intervenir dans le processus économique des organismes étatiques qui n'ont pas les mêmes objectifs. Au bout du compte, ces approches contradictoires risquent de détruire tout ce qu'on a essayé de faire jusqu'aujourd'hui ", constate-t-il.

" À Maurice, comme dans certains pays comme la France, prévaut une culture qui date de l'époque du marxisme, où on pensait qu'il fallait protéger les faibles en donnant à l'État un rôle d'intervention. Cela n'a pas marché mais l'idée a subsisté dans la tête de certains. Or, lorsqu'on laisse la concurrence agir, en fin de compte les prix baissent. Lorsqu'on bloque les prix, on élimine les joueurs et les prix finissent par monter. On est en train de se tromper complètement ", a poursuivi M. De Navacelle.

Le président du JEC a cité le cas d'une entreprise qui voit les prix de ses produits bloqués par l'État, alors qu'on autorise l'importation des mêmes types de produits de l'étranger. " Cela veut dire qu'on va sortir de l'argent pour acheter de l'étranger, qu'on va fermer les entreprises locales et créer du chômage. C'est un paradoxe ".

MM. Navacelle et Makoond ont conclu leur déclaration en soutenant que dans un monde moderne la STC n'a pas son utilité. " Si au départ on a pu penser qu'elle était intéressante parce qu'elle pouvait assurer un prix de vente efficace et éviter que le capitalisme pur et dur ne fasse des supers profits, dans le monde d'aujourd'hui, connecté par Internet, on peut consulter les prix pratiqués sur le plan international ", ont-ils dit.