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| "J'ai le sentiment que le gouvernement ne fait pas
avancer les choses" |
| Villen Anganan |
| Port-Louis, 5 novembre |
| Le Matinal : Le ministère des
Finances annonce un début de reprise économique avec un taux de
croissance estimée à 4,5 % cette année. Doit-on mettre ce début de
relance sur le compte des mesures prises par le gouvernement
? Jacques de Navacelle : Il y a certes un début de reprise. Les
secteurs hôtelier, manufacturier et celui des services financiers
fonctionnent relativement bien. Je note également un regain
d'activités concernant le secteur de la construction. Donc, les
choses bougent. Mais honnêtement, je ne crois pas que ces résultats
soient le fait du nouveau gouvernement. La reprise du secteur
textile est liée forcément à des mesures prises par certains groupes
pour moderniser leur appareil productif. Mais aussi, à la baisse de
la roupie qui a permis à cette industrie de devenir plus compétitive
sur le marché international. Quant au succès du secteur touristique,
il est en grande partie lié aux efforts de promotion entrepris par
le ministère de tutelle et la MTPA pour mieux accroître la
visibilité du marché mauricien à l'étranger. Alors que les projets
IRS portent l'empreinte du précédent gouvernement. Certainement, les
grandes décisions macro-économiques du gouvernement vont donner
progressivement des résultats. Mais ce n'est pas encore le cas à
présent. Je ne vois que du frémissement. Et une certaine morosité
? S'il y a morosité, elle est liée probablement à la déception de
chefs d'entreprise quant à un certain nombre de décisions qui n'ont
pas été prises. Je pense notamment à la congestion routière à
Port-Louis dont on parle depuis des années, aux nouvelles
réglementations relatives au secteur des assurances et à la réforme
du judiciaire et celle de la gestion des terres. Il y a un sentiment
que les choses ne bougent pas au sein du gouvernement. Je sais que
dans le service public, il est plus difficile de faire bouger les
choses que dans le privé. Mais il faut bien dire que dans le privé,
si les choses ne bougent pas, on meurt. La déception des
dirigeants d'entreprise est due également à l'absence d'une
politique claire face au contrôle des prix. On ne peut à la fois
libéraliser les prix et en même temps les contrôler. Cela crée un
sentiment de confusion et d'incertitude comme on l'a vu dans le cas
du lait en poudre et actuellement avec le fer de construction. Le
ministre des Finances persiste et signe. Selon lui, il n'y avait pas
d'autre alternative à la réforme. Etes-vous de cet avis ? Je suis
d'accord avec le ministre Sithanen quand il dit qu'il n'a pas
d'autre solution. Toutefois, on peut discuter sur le "timing" de ces
réformes. Car il fallait créer la transparence totale au chapitre de
l'économie et jouer la carte de la vérité de chiffres. Avec la
réforme, le pays s'ouvre à la concurrence mais aussi aux
opportunités économiques et commerciales et aux compétences
étrangères. Mais la réforme semble pénible pour les gens au bas
de l'échelle avec la réorientation des subsides sur certains
produits de base ? Je trouve qu'il est plus normal de donner de
l'argent à ceux qui en ont vraiment besoin plutôt que d'accorder des
subsides. L'approche ciblée adoptée par le présent gouvernement me
semble la plus appropriée dans le contexte économique actuel.
D'ailleurs, cette approche est prônée dans beaucoup de
pays. Estimez-vous que ce nouveau modèle économique dont les
contours sont tracés dans le budget 2006-2007 est inévitable
? Je pense que oui. Si l'opposition était au pouvoir, elle aurait
été obligée de faire la même chose. Toutefois, il faut faire
attention à ce qu'on ne laisse pas les gens au bord de la route. Car
il existe toujours de nombreuses poches de pauvreté dans le
pays. Vous souligniez récemment la mauvaise communication autour
des nouvelles mesures relatives à la grande reforme économique.
Estimez-vous que le ministère des Finances a rectifié le tir ? Il
y a certainement une amélioration. Mais il faut dire qu'une réforme
de cette envergure est toujours difficile à comprendre pour des gens
qui n'ont pas une connaissance économique. Ce n'est pas le cas
uniquement à Maurice. En France, il y a encore des gens qui
souhaitent le retour d'un socialisme tourné vers la
nationalisation. « L'application des mesures pose problème
» Quatre mois après la présentation du budget, on constate que le
gouvernement est encore sur la défensive pour justifier les
nouvelles mesures alors que celles-ci auraient dû être en voie
d'exécution ? C'est pour cette raison que j'ai dit au départ
qu'il ne faut pas prendre Maurice comme un cas à part. Ce qui se
passe actuellement ici, on le voit dans beaucoup d'autres pays.
Ainsi, on peut prendre de bonnes décisions macro-économiques, mais
c'est leur application qui pose problème et devient difficile. C'est
le cas de la taxe résidentielle que le gouvernement vient
d'introduire. Tout le monde s'accorde à dire qu'il est juste que
tout le monde paie une taxe résidentielle, mais on constate qu'elle
est techniquement difficile à appliquer. Ce qui m'amène à dire que
les techniciens qui décident des nouvelles réglementations doivent
être à l'écoute des gens en dehors de leurs bureaux pour s'assurer
que les décisions prises soient effectives. Le ministre des
Finances s'appuie sur le National Accounts pour soutenir que le taux
de chômage a baissé de 9,6 % à 9,4 % en 2006. Pensez-vous que cette
tendance va se maintenir dans le temps ? Je crois que oui. Si on
regarde le nombre de projets IRS qui vont être développés, il y aura
nécessairement des emplois qui seront créés dans ce créneau. Pour ce
qui est du textile, je note que les Mauriciens ont une mauvaise
image de ce secteur vu qu'ils ont eu l'habitude d'y trouver
facilement du travail durant les vingt-cinq dernières années. En
revanche, le secteur de la construction a besoin de bras, près de 1
500 selon l'Employment Programme. Il faudra "reskill" les licenciés
du textile pour les recycler dans le secteur du bâtiment. Les
gens de la classe moyenne sont mal à l'aise et se plaignent de
l'injustice fiscale à laquelle ils sont confrontés depuis la
décision budgétaire d'éliminer les déductions fiscales liées à
l'impôt sur les revenus. Du jour au lendemain, ils sont appelés à
payer plus au fisc et certaines familles souhaitent émigrer.
Votre analyse ? Il est difficile de dire si les gens de la classe
moyenne paient plus avec l'élimination des déductions fiscales et la
baisse du taux d'imposition. J'ai l'impression que cette classe
devrait être dans la même position qu'avant ou sinon légèrement
mieux. La baisse du taux d'imposition devrait compenser
l'élimination des déductions fiscales. De toute façon, il est
difficile de se prononcer sur cette question sans qu'on soit en
présence de toutes les données. Entre-temps, l'écart entre les
riches et les pauvres se creuse de même qu'entre les deux classes
sociales. Quant au "brain drain", il faut savoir que Maurice est une
petite île sans grandes ressources. De ce fait, il est assez naturel
que les jeunes souhaitent partir. Peut-être qu'un jour, ils
reviendront quant le pays se développera en un centre de
services. On n'assiste plus aujourd'hui aux grands-messes entre
le gouvernement et le secteur privé. Doit-on conclure que cela
relève du passé ? Le gouvernement du jour n'a pas souhaité
privilégier cette formule de réunion. De toute façon, ces rencontres
servaient davantage à mieux faire connaître nos interlocuteurs du
gouvernement que de faire avancer les dossiers. Au JEC, nous nous
penchons quotidiennement sur des réunions de travail qu'on a avec le
ministre des Finances relatives à un certain nombre de dossiers
économiques. L'acquisition d'une voiture privée par le Premier
ministre suscite des réactions mitigées dans la population. Votre
commentaire ? Je dirais que le Premier ministre a le droit de se
procurer une belle voiture avec son argent. Je n'ai pas de problème
avec sa démarche. En revanche, le Premier ministre doit comprendre
qu'en ce faisant, il fait partie dorénavant des gens très riches
alors même qu'il demande à la population de faire des
sacrifices.
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| L'hôtel Les Badamiers s'offre aux vacanciers de classe
moyenne |
| Le Matinal News Service |
| Palmar, 5 novembre |
| Une nouvelle adresse est
proposée aux vacanciers de classe moyenne : l'hôtel Les Badamiers.
Situé à Palmar, cet hôtel s'insère dans le cadre du projet
gouvernemental visant à démocratiser le secteur des PME. Six
promoteurs ont participé au projet qui a nécessité un investissement
de Rs 15 millions. Après deux ans de travaux, l'hôtel Les Badamiers
a été inauguré vendredi après-midi par le vice Premier ministre,
Rashid Beebeejaun. Il sera ouvert à la fin de novembre. "Je suis
agéablement surpris de voir que les choses bougent. Les PME
s'investissent considérablement dans la gestion des affaires et cela
se voit par la qualité du service qui en ressort", a souligné le
vice-Premier ministre. S'étendant sur un espace de 1 450 pieds
carrés, l'hôtel Les Badamiers comporte neuf duplex et une piscine.
Les promoteurs souhaitent toucher une clientèle réunionaise et
sud-africaine. Répondant aux normes standard, chaque duplex comporte
trois chambres, un salon, une salle à manger et une cuisine. Tous
les meubles sont importés de l'Inde. A 60 euros la nuit, l'hôtel
sera à la portée de ceux voulant passer les vacances dans un esprit
"maison de famille". Il sera également ouvert aux Mauriciens.
Durant le mois courant, son site web sera accessible pour un service
de proximité qui est le "Online Booking". Il permettra dans
l'immédiat la création d'une trentaine d'emplois. Il est à noter
que la région de Trou d'Eau Douce compte seize hôtels dont cinq
"stars hotels" ayant un taux d'occupation de plus 78 %
chacun.
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| Un accord de partenariat entre Microsoft et Novell
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| Agence France Presse |
| New York, 5 novembre |
| Le géant mondial des
logiciels Microsoft, créateur du système d'exploitation Windows, et
la société No-vell, qui distribue un logiciel utilisant la
technologie directement concurrente Linux, ont annoncé jeudi un
partenariat sur l'interopérabilité de certains de leurs
systèmes. Les deux groupes ont fait cette annonce conjointement
lors d'une conférence de presse à San Francisco (ouest), et les
modalités financières n'ont pas été précisées. "Microsoft et
Novell vont collaborer pour créer une série de solutions", a déclaré
le PDG de Microsoft Steve Ballmer. "Il s'agit d'apporter à nos
clients l'interopérabilité" de ces systèmes d'exploitation
concurrents, a ajouté le patron de Novell Ron Hovsepian. Selon
les modalités du partenariat, le système d'exploitation Windows, qui
équipe 90 % des ordinateurs dans le monde, sera interopérable avec
le système Suse Linux de Novell, ce qui permettra concrètement à
l'usager d'utiliser indifféremment Windows comme Suse Linux. Une
telle alliance est une première du genre, Linux représentant la
recherche acharnée d'alternative au système d'exploitation
Windows. Linux, à la différence du système sous licence de
Windows, est un logiciel libre d'accès, dont le code source ou noyau
du logiciel, est libre d'utilisation et ouvert aux développeurs pour
pouvoir être modifié. Les deux groupes ont souligné jeudi
l'importance de cette alliance sur le front de l'interopérabilité,
une notion chère à la communauté des utilisateurs de logiciels
libres, qui généralement rejettent l'environnement Windows parce
que celui-ci impose toute une série de logiciels sans que l'usager
puisse choisir des solutions conçues par un concurrent. Dans le
cadre de cette collaboration, Microsoft s'est par ailleurs engagé à
ne pas se retourner contre les collaborateurs du logiciel libre
concernant les problèmes de brevets.
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| Les acteurs de l'économie informelle cherchent une
place côté syndical |
| Agence France Presse |
| Vienne, 5 novembre |
Les acteurs de
l'économie informelle, présents au lancement de la Confédération
syndicale internationale (CSI) à Vienne, cherchent à se faire une
place auprès des syndicats qui commencent peu à peu à reconnaître
cette population hétérogène et fragile. Vendeuses de rue en Inde
ou menuisiers métalliques au Sénégal, les centaines de millions de
travailleurs de ce secteur économique représenteraient plus de 50%
de la population active en Afrique et en Amérique latine, et plus de
60% en Asie, dont 90% en Inde - avec une majorité de femmes, sans
compter des dizaines de millions d'enfants, selon le Bureau
international du travail. Mais les contours flous du secteur
informel - en plein essor avec la mondialisation - a pendant
longtemps rebuté les syndicats établis. "Les syndicats traditionnels
ne nous ont pas considérés comme de vrais travailleurs pendant
longtemps", explique Renena Jhabwala, du syndicat indien
Self-employed women's association (SEWA, association des
travailleuses non salariées), créé en 1972 et qui compte 800.000
membres. Ce syndicat prend en charge des situations
professionnelles très diverses: vendeuses dans les rues, couturières
à domicile, journalières dans l'agriculture, productrices à petite
échelle, etc. A la différence des salariés du secteur formel
employés par un patron unique, ces femmes ont souvent plusieurs
employeurs. "Nos revendications partent des besoins des femmes et
d'eux seuls", souligne Mme Jhabwala. Confrontés à leur propre
affaiblissement, les syndicats traditionnels reconnaissent peu à peu
la nécessité de soutenir ces travailleurs de l'ombre. Dans son
projet de programme, la CSI propose ainsi "d'élargir l'opportunité
d'une affiliation syndicale à la main-d'oeuvre non organisée". Il
stipule aussi que "les syndicats doivent organiser toutes les
travailleuses et tous les travailleurs dans leurs différentes
sphères d'activité, et notamment les centaines de millions de
personnes qui travaillent dans l'économie informelle". "Nous
travaillons de plus en plus avec les syndicats, au niveau
international comme national, et sommes désormais reconnus comme
interlocuteurs à part entière, ce qui n'était pas le cas il y a
encore dix ans", se réjouit Pat Horn, coordinatrice de la fédération
StreetNet International.
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| Les négociations pour l'entrée de la Russie à l'OMC au
"stade final" |
| Agence France Presse |
| Moscou, 5 novembre |
Les négociations
pour l'entrée de la Russie à l'Organisation mondiale du Commerce
(OMC), suspendues essentiellement à un feu vert des Etats-Unis,
"sont à un stade final", a déclaré le ministre russe du
Développement économique, Guerman Gref, dans une interview publiée
mercredi. "Les négociations bilatérales sont à un stade final. La
principale question non résolue avec nos partenaires américains est
celle des contrôles vétérinaires" sur la viande américaine, a
indiqué M. Gref au quotidien des affaires Vedomosti. Le ministre
russe confirme ainsi que les pourparlers se poursuivent entre Moscou
et Washington alors que la Russie avait présenté précédemment le
mois d'octobre comme une date butoir. Moscou a adressé en août un
ultimatum aux Etats-Unis, menaçant de supprimer les conditions
préférentielles dont bénéficient leurs exportateurs de viande si les
négociations bilatérales pour l'entrée de la Russie à l'OMC
n'aboutissaient pas d'ici octobre. De hauts responsables russes,
dont Igor Chouvalov, conseiller du président russe Vladimir Poutine,
ont également averti que Moscou pour-rait "suspendre le processus"
d'adhésion. Une fois les négociations bilatérales avec les pays
membres de l'OMC achevées, "la prochaine étape sera des négociations
multilatérales et un accord avec nos partenaires sur le rapport du
groupe de travail", qui préci-sera les obligations commerciales de
la Russie, a indiqué le ministre. La Géorgie, membre de l'OMC,
qui s'oppose à la poursuite des négociations d'adhésion de la Russie
en représailles aux discriminations de Moscou envers les
exportations géorgiennes, a indiqué cependant qu'elle pourrait poser
des obstacles à l'entrée définitive de la Russie dans
l'organisation. La Russie est la plus importante économie encore
en dehors de l'OMC, qui compte 149 pays membres.
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