Lundi, 06 Novembre 2006


S’irriter d’un reproche, c’est reconnaître qu’on l’a mérité.

- Tacite  

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  "J'ai le sentiment que le gouvernement ne fait pas avancer les choses"  
  L'hôtel Les Badamiers s'offre aux vacanciers de classe moyenne  
  Un accord de partenariat entre Microsoft et Novell  
  Les acteurs de l'économie informelle cherchent une place côté syndical  
  Les négociations pour l'entrée de la Russie à l'OMC au "stade final"  
 
     
"J'ai le sentiment que le gouvernement ne fait pas avancer les choses"
Villen Anganan
Port-Louis, 5 novembre
?J?ai le sentiment que le gouvernement ne fait pas avancer les choses?
Le Matinal : Le ministère des Finances annonce un début de reprise économique avec un taux de croissance estimée à 4,5 % cette année. Doit-on mettre ce début de relance sur le compte des mesures prises par le gouvernement ?
Jacques de Navacelle : Il y a certes un début de reprise. Les secteurs hôtelier, manufacturier et celui des services financiers fonctionnent relativement bien. Je note également un regain d'activités concernant le secteur de la construction. Donc, les choses bougent. Mais honnêtement, je ne crois pas que ces résultats soient le fait du nouveau gouvernement.
La reprise du secteur textile est liée forcément à des mesures prises par certains groupes pour moderniser leur appareil productif. Mais aussi, à la baisse de la roupie qui a permis à cette industrie de devenir plus compétitive sur le marché international. Quant au succès du secteur touristique, il est en grande partie lié aux efforts de promotion entrepris par le ministère de tutelle et la MTPA pour mieux accroître la visibilité du marché mauricien à l'étranger. Alors que les projets IRS portent l'empreinte du précédent gouvernement. Certainement, les grandes décisions macro-économiques du gouvernement vont donner progressivement des résultats. Mais ce n'est pas encore le cas à présent. Je ne vois que du frémissement.
Et une certaine morosité ?
S'il y a morosité, elle est liée probablement à la déception de chefs d'entreprise quant à un certain nombre de décisions qui n'ont pas été prises. Je pense notamment à la congestion routière à Port-Louis dont on parle depuis des années, aux nouvelles réglementations relatives au secteur des assurances et à la réforme du judiciaire et celle de la gestion des terres. Il y a un sentiment que les choses ne bougent pas au sein du gouvernement. Je sais que dans le service public, il est plus difficile de faire bouger les choses que dans le privé. Mais il faut bien dire que dans le privé, si les choses ne bougent pas, on meurt.
La déception des dirigeants d'entreprise est due également à l'absence d'une politique claire face au contrôle des prix. On ne peut à la fois libéraliser les prix et en même temps les contrôler. Cela crée un sentiment de confusion et d'incertitude comme on l'a vu dans le cas du lait en poudre et actuellement avec le fer de construction.
Le ministre des Finances persiste et signe. Selon lui, il n'y avait pas d'autre alternative à la réforme. Etes-vous de cet avis ?
Je suis d'accord avec le ministre Sithanen quand il dit qu'il n'a pas d'autre solution. Toutefois, on peut discuter sur le "timing" de ces réformes. Car il fallait créer la transparence totale au chapitre de l'économie et jouer la carte de la vérité de chiffres. Avec la réforme, le pays s'ouvre à la concurrence mais aussi aux opportunités économiques et commerciales et aux compétences étrangères.
Mais la réforme semble pénible pour les gens au bas de l'échelle avec la réorientation des subsides sur certains produits de base ?
Je trouve qu'il est plus normal de donner de l'argent à ceux qui en ont vraiment besoin plutôt que d'accorder des subsides. L'approche ciblée adoptée par le présent gouvernement me semble la plus appropriée dans le contexte économique actuel. D'ailleurs, cette approche est prônée dans beaucoup de pays.
Estimez-vous que ce nouveau modèle économique dont les contours sont tracés dans
le budget 2006-2007 est inévitable ?
Je pense que oui. Si l'opposition était au pouvoir, elle aurait été obligée de faire la même chose. Toutefois, il faut faire attention à ce qu'on ne laisse pas les gens au bord de la route. Car il existe toujours de nombreuses poches de pauvreté dans le pays.
Vous souligniez récemment la mauvaise communication autour des nouvelles mesures relatives à la grande reforme économique. Estimez-vous que le ministère des Finances a rectifié le tir ?
Il y a certainement une amélioration. Mais il faut dire qu'une réforme de cette envergure est toujours difficile à comprendre pour des gens qui n'ont pas une connaissance économique. Ce n'est pas le cas uniquement à Maurice. En France, il y a encore des gens qui souhaitent le retour d'un socialisme tourné vers la nationalisation.
« L'application des mesures pose problème »
Quatre mois après la présentation du budget, on constate que le gouvernement est encore sur la défensive pour justifier les nouvelles mesures alors que celles-ci auraient dû être en voie d'exécution ?
C'est pour cette raison que j'ai dit au départ qu'il ne faut pas prendre Maurice comme un cas à part. Ce qui se passe actuellement ici, on le voit dans beaucoup d'autres pays. Ainsi, on peut prendre de bonnes décisions macro-économiques, mais c'est leur application qui pose problème et devient difficile. C'est le cas de la taxe résidentielle que le gouvernement vient d'introduire. Tout le monde s'accorde à dire qu'il est juste que tout le monde paie une taxe résidentielle, mais on constate qu'elle est techniquement difficile à appliquer. Ce qui m'amène à dire que les techniciens qui décident des nouvelles réglementations doivent être à l'écoute des gens en dehors de leurs bureaux pour s'assurer que les décisions prises soient effectives.
Le ministre des Finances s'appuie sur le National Accounts pour soutenir que le taux de chômage a baissé de 9,6 % à 9,4 % en 2006. Pensez-vous que cette tendance va se maintenir dans le temps ?
Je crois que oui. Si on regarde le nombre de projets IRS qui vont être développés, il y aura nécessairement des emplois qui seront créés dans ce créneau. Pour ce qui est du textile, je note que les Mauriciens ont une mauvaise image de ce secteur vu qu'ils ont eu l'habitude d'y trouver facilement du travail durant les vingt-cinq dernières années. En revanche, le secteur de la construction a besoin de bras, près de 1 500 selon l'Employment Programme. Il faudra "reskill" les licenciés du textile pour les recycler dans le secteur du bâtiment.
Les gens de la classe moyenne sont mal à l'aise et se plaignent de l'injustice fiscale à laquelle ils sont confrontés depuis la décision budgétaire d'éliminer les déductions fiscales liées à l'impôt sur les revenus. Du jour au lendemain, ils sont appelés à payer plus au fisc et certaines familles souhaitent
émigrer. Votre analyse ?
Il est difficile de dire si les gens de la classe moyenne paient plus avec l'élimination des déductions fiscales et la baisse du taux d'imposition. J'ai l'impression que cette classe devrait être dans la même position qu'avant ou sinon légèrement mieux. La baisse du taux d'imposition devrait compenser l'élimination des déductions fiscales. De toute façon, il est difficile de se prononcer sur cette question sans qu'on soit en présence de toutes les données. Entre-temps, l'écart entre les riches et les pauvres se creuse de même qu'entre les deux classes sociales. Quant au "brain drain", il faut savoir que Maurice est une petite île sans grandes ressources. De ce fait, il est assez naturel que les jeunes souhaitent partir. Peut-être qu'un jour, ils reviendront quant le pays se développera en un centre de services.
On n'assiste plus aujourd'hui aux grands-messes entre le gouvernement et le secteur privé. Doit-on conclure que cela relève du passé ?
Le gouvernement du jour n'a pas souhaité privilégier cette formule de réunion. De toute façon, ces rencontres servaient davantage à mieux faire connaître nos interlocuteurs du gouvernement que de faire avancer les dossiers. Au JEC, nous nous penchons quotidiennement sur des réunions de travail qu'on a avec le ministre des Finances relatives à un certain nombre de dossiers économiques.
L'acquisition d'une voiture privée par le Premier ministre suscite des réactions mitigées dans la population. Votre commentaire ?
Je dirais que le Premier ministre a le droit de se procurer une belle voiture avec son argent. Je n'ai pas de problème avec sa démarche. En revanche, le Premier ministre doit comprendre qu'en ce faisant, il fait partie dorénavant des gens très riches alors même qu'il demande à la population de faire des sacrifices.
L'hôtel Les Badamiers s'offre aux vacanciers de classe moyenne
Le Matinal News Service
Palmar, 5 novembre
L'inauguration de l'hôtel a eu lieu vendredi dernier.
Une nouvelle adresse est proposée aux vacanciers de classe moyenne : l'hôtel Les Badamiers. Situé à Palmar, cet hôtel s'insère dans le cadre du projet gouvernemental visant à démocratiser le secteur des PME. Six promoteurs ont participé au projet qui a nécessité un investissement de Rs 15 millions. Après deux ans de travaux, l'hôtel Les Badamiers a été inauguré vendredi après-midi par le vice Premier ministre, Rashid Beebeejaun. Il sera ouvert à la fin de novembre.
"Je suis agéablement surpris de voir que les choses bougent. Les PME s'investissent considérablement dans la gestion des affaires et cela se voit par la qualité du service qui en ressort", a souligné le vice-Premier ministre.
S'étendant sur un espace de 1 450 pieds carrés, l'hôtel Les Badamiers comporte neuf duplex et une piscine. Les promoteurs souhaitent toucher une clientèle réunionaise et sud-africaine. Répondant aux normes standard, chaque duplex comporte trois chambres, un salon, une salle à manger et une cuisine. Tous les meubles sont importés de l'Inde. A 60 euros la nuit, l'hôtel sera à la portée de ceux voulant passer les vacances dans un esprit "maison de famille".
Il sera également ouvert aux Mauriciens. Durant le mois courant, son site web sera accessible pour un service de proximité qui est le "Online Booking". Il permettra dans l'immédiat la création d'une trentaine d'emplois.
Il est à noter que la région de Trou d'Eau Douce compte seize hôtels dont cinq "stars hotels" ayant un taux d'occupation de plus 78 % chacun.
Un accord de partenariat entre Microsoft et Novell
Agence France Presse
New York, 5 novembre
President and CEO of Novell Inc., Ron Hovsepian (L) speaks as CEO of Microsoft, Steve Ballmer (R) listens during a press conference in San Francisco, California, 02 November 2006. Longtime US computer software rivals Microsoft and Novell unveiled an alliance on Thursday to make their competing programs interoperable. The alliance was devoted to
Le géant mondial des logiciels Microsoft, créateur du système d'exploitation Windows, et la société No-vell, qui distribue un logiciel utilisant la technologie directement concurrente Linux, ont annoncé jeudi un partenariat sur l'interopérabilité de certains de leurs systèmes.
Les deux groupes ont fait cette annonce conjointement lors d'une conférence de presse à San Francisco (ouest), et les modalités financières n'ont pas été précisées.
"Microsoft et Novell vont collaborer pour créer une série de solutions", a déclaré le PDG de Microsoft Steve Ballmer.
"Il s'agit d'apporter à nos clients l'interopérabilité" de ces systèmes d'exploitation concurrents, a ajouté le patron de Novell Ron Hovsepian.
Selon les modalités du partenariat, le système d'exploitation Windows, qui équipe 90 % des ordinateurs dans le monde, sera interopérable avec le système Suse Linux de Novell, ce qui permettra concrètement à l'usager d'utiliser indifféremment Windows comme Suse Linux.
Une telle alliance est une première du genre, Linux représentant la recherche acharnée d'alternative au système d'exploitation Windows.
Linux, à la différence du système sous licence de Windows, est un logiciel libre d'accès, dont le code source ou noyau du logiciel, est libre d'utilisation et ouvert aux développeurs pour pouvoir être modifié.
Les deux groupes ont souligné jeudi l'importance de cette alliance sur le front de l'interopérabilité, une notion chère à la communauté des utilisateurs de logiciels libres, qui généralement rejettent l'environnement
Windows parce que celui-ci impose toute une série de logiciels sans que l'usager puisse choisir des solutions conçues par un concurrent.
Dans le cadre de cette collaboration, Microsoft s'est par ailleurs engagé à ne pas se retourner contre les collaborateurs du logiciel libre concernant les problèmes de brevets.
Les acteurs de l'économie informelle cherchent une place côté syndical
Agence France Presse
Vienne, 5 novembre
Les acteurs de l'économie informelle, présents au lancement de la Confédération syndicale internationale (CSI) à Vienne, cherchent à se faire une place auprès des syndicats qui commencent peu à peu à reconnaître cette population hétérogène et fragile.
Vendeuses de rue en Inde ou menuisiers métalliques au Sénégal, les centaines de millions de travailleurs de ce secteur économique représenteraient plus de 50% de la population active en Afrique et en Amérique latine, et plus de 60% en Asie, dont 90% en Inde - avec une majorité de femmes, sans compter des dizaines de millions d'enfants, selon le Bureau international du travail.
Mais les contours flous du secteur informel - en plein essor avec la mondialisation - a pendant longtemps rebuté les syndicats établis. "Les syndicats traditionnels ne nous ont pas considérés comme de vrais travailleurs pendant longtemps", explique Renena Jhabwala, du syndicat indien Self-employed women's association (SEWA, association des travailleuses non salariées), créé en 1972 et qui compte 800.000 membres.
Ce syndicat prend en charge des situations professionnelles très diverses: vendeuses dans les rues, couturières à domicile, journalières dans l'agriculture, productrices à petite échelle, etc.
A la différence des salariés du secteur formel employés par un patron unique, ces femmes ont souvent plusieurs employeurs. "Nos revendications partent des besoins des femmes et d'eux seuls", souligne Mme Jhabwala. Confrontés à leur propre affaiblissement, les syndicats traditionnels reconnaissent peu à peu la nécessité de soutenir ces travailleurs de l'ombre.
Dans son projet de programme, la CSI propose ainsi "d'élargir l'opportunité d'une affiliation syndicale à la main-d'oeuvre non organisée". Il stipule aussi que "les syndicats doivent organiser toutes les travailleuses et tous les travailleurs dans leurs différentes sphères d'activité, et notamment les centaines de millions de personnes qui travaillent dans l'économie informelle". "Nous travaillons de plus en plus avec les syndicats, au niveau international comme national, et sommes désormais reconnus comme interlocuteurs à part entière, ce qui n'était pas le cas il y a encore dix ans", se réjouit Pat Horn, coordinatrice de la fédération StreetNet International.
Les négociations pour l'entrée de la Russie à l'OMC au "stade final"
Agence France Presse
Moscou, 5 novembre
Les négociations pour l'entrée de la Russie à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), suspendues essentiellement à un feu vert des Etats-Unis, "sont à un stade final", a déclaré le ministre russe du Développement économique, Guerman Gref, dans une interview publiée mercredi.
"Les négociations bilatérales sont à un stade final. La principale question non résolue avec nos partenaires américains est celle des contrôles vétérinaires" sur la viande américaine, a indiqué M. Gref au quotidien des affaires Vedomosti.
Le ministre russe confirme ainsi que les pourparlers se poursuivent entre Moscou et Washington alors que la Russie avait présenté précédemment le mois d'octobre comme une date butoir.
Moscou a adressé en août un ultimatum aux Etats-Unis, menaçant de supprimer les conditions préférentielles dont bénéficient leurs exportateurs de viande si les négociations bilatérales pour l'entrée de la Russie à l'OMC n'aboutissaient pas d'ici octobre.
De hauts responsables russes, dont Igor Chouvalov, conseiller du président russe Vladimir Poutine, ont également averti que Moscou pour-rait "suspendre le processus" d'adhésion.
Une fois les négociations bilatérales avec les pays membres de l'OMC achevées, "la prochaine étape sera des négociations multilatérales et un accord avec nos partenaires sur le rapport du groupe de travail", qui préci-sera les obligations commerciales de la Russie, a indiqué le ministre.
La Géorgie, membre de l'OMC, qui s'oppose à la poursuite des négociations d'adhésion de la Russie en représailles aux discriminations de Moscou envers les exportations géorgiennes, a indiqué cependant qu'elle pourrait poser des obstacles à l'entrée définitive de la Russie dans l'organisation.
La Russie est la plus importante économie encore en dehors de l'OMC, qui compte 149 pays membres.
 
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