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C’ était un des thèmes favoris du gouvernement et du
ministère des Finances, en particulier : se préparer à
rebondir plus haut après la crise.
Cet objectif a- t- il été atteint ? Sommesnous en meilleure
position, qu’il y a un an, pour tirer profit de la reprise
économique qui se profile ? Sur le plan structurel et
institutionnel, beaucoup a été accompli pour réduire les
lourdeurs administratives et les délais en vue d’ouvrir un
business. Le « Business Facilitation Act » a apporté un vrai
changement dans l’environnement des affaires. L’adoption du «
Insolvency Act » a parachevé le tout.
Les efforts de Maurice pour adopter des réformes visant à
améliorer le climat des affaires ont été reconnus
officiellement par la communauté internationale. La Banque
mondiale a promu le pays à la 17 e place du classement « Doing
Business » , soit dans le Top 20 des pays où il est le plus
facile de faire du business.
Maurice est le premier pays africain à ce rang. Ce n’est
pas une mince affaire et, rien que pour cela, le gouvernement,
les autorités et le secteur privé qui ont travaillé de concert
méritent une accolade. Les progrès du pays à ce chapitre ont
été constants et rapides. Maurice est passé de la 49 e place
en 2007, à la 29 e place en 2008, et à la 24 e place en
2009.
Cela nous assurera- t- il la capacité de rebondir après la
crise ? Ce n’est pas si simple. Certes Maurice se met en
meilleure position pour attirer des investissements, qu’ils
soient locaux ou étrangers.
Mais dans quelle filière ? Le problème reste entier.
L’économie a montré de la résilience et un paysage plus
diversifié avec la crise, fait ressortir, Raj Makoond,
directeur du « Joint Economic Council » . « Avec 2,7 % de
croissance, on ne peut pas dire qu’on est ‘ better off’ » .
Mais nous avons empêché des pertes d’emplois et des
entreprises sauvées s’en sortent. Les chiffres concernant la
croissance vont sortir demain et je suis confiant.
« L’économie est diversifiée avec la manufacture, le
tourisme, le ‘ sea food hub’, l’ICT, les services financiers
et les services médicaux qui émergent » , déclare Raj Makoond.
Le directeur du JEC rappelle que Maurice a subi la crise en
même temps que la baisse de 36 % du prix du sucre et que le
pays a, malgré tout, réussit la transformation de l’industrie
sucrière en industrie de la canne.
Au niveau macro- économique, Pierre Dinan, économiste,
n’est pas aussi optimiste. Tout d’abord, tant qu’on n’aura pas
augmenté nos volumes d’exportations, on ne pourra pas dire que
la crise est finie.
Il pose ceci en préalable car, pour lui, le gros problème
est la balance du compte courant affectée par la baisse des
exportations, même si la baisse des importations compense un
peu.
Pour Pierre Dinan, le déficit budgétaire reste un problème
et il faudra recommencer à le faire baisser après les dépenses
spéciales pour combattre la crise. « Il ne faut pas croire que
tout est réglé. La dette publique atteint 60% du produit
intérieur brut. Il faut continuer dans la rigueur. » Outre les
paramètres macro- économiques, pour l’économiste, le gros
problème demeure la façon de diversifier nos marchés
d’exportation que ce soit pour le tourisme, le textile ou les
centres d’appels.
« Clairement l’Europe ne suffit plus. Nous avons un gros
déséquilibre commercial avec l’Asie, plus particulièrement la
Chine et l’Inde. Il nous faut diversifier nos marchés. C’est
un problème pour le gouvernement et le secteur privé » ,
ajoute Pierre Dinan.
Au niveau des entreprises, la crise a forcé nombre d’entre
elles à revoir leur fonctionnement pour traquer le gaspillage
et réduire les coûts d’opération. Toutefois, quand on parle de
« cost cutting » le premier facteur de réduction est la main-
d’oeuvre. « C’est simple à comprendre, il faut faire plus avec
moins » , commente un industriel du textile.
La marge de réduction dépend toutefois du type de
production dans lequel on est engagé. Il est également
possible d’obtenir plus, avec la même équipe. C’est une
question de gestion et de recherche de la meilleure façon de
faire les choses. On peut aussi, par exemple, générer moins de
déchets en utilisant mieux les matières premières.
« En réalité, il y a différentes manières de réduire les
coûts. Et, en temps de crise, c’est humain, on devient plus
inventif » , déclare Harold Mayer, « Chief Operating Officer »
de « Ciel Textile » . S’il y a un secteur qui a
particulièrement souffert de la crise, c’est bien celui des
petites et moyennes entreprises ( PME), déclare le président
de l’association des PME, Amar Deerpalsing.
Pour lui, si les petits entrepreneurs ont résisté tant bien
que mal jusqu’ici, les prochains chiffres montreront combien
ont jeté l’éponge et combien d’emplois ont été perdus.
Amar Deerpalsing est amer. Selon lui, il n’y en a eu que
pour les grosses entreprises, rien pour les PME. Les
différents plans d’aide annoncés n’ont pas marché dans la
pratique car les exigences administratives ne correspondent
pas à la réalité des petits entrepreneurs.
Amar Deerpalsing déclare ne pas comprendre le principe
selon lequel il faut prouver qu’on a déjà souffert de la crise
pour se qualifier à une aide alors que les petits
entrepreneurs ont des problèmes de trésorerie et anticipent
des problèmes de liquidités qui les empêcheront de participer
à un prochain contrat.
Les difficultés des PME, c’est un sujet qui mériterait une
pleine page à lui tout seul.
Ce tableau, non- exhaustif, démontre que la crise terminée,
le pays sera confronté aux mêmes problèmes de finances
publiques, d’investissements étrangers, de concurrence
internationale dans les secteurs traditionnels et à la même
difficulté à trouver de nouveaux secteurs porteurs et
créateurs d’emplois et de diversification des marchés. La fin
de la crise ne veut pas dire boom économique. Loin s’en
faut.
Stéphane SAMINADEN
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