Mercredi 29 novembre 2006 - No. 15987

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Article publié le Mercredi 29 novembre 2006.


QUESTIONS À RAJ MAKOOND, DIRECTEUR DU JOINT ECONOMIC COUNCIL (JEC)
“Nous allons assurer la formation et le placement des chômeurs”


Raj Makoond est à la tête du sous-comité de l’Empowerment Programme qui s’occupe de la formation et du placement des sans-emploi. Il explique le mécanisme en place pour relier les chômeurs aux entreprises.

Quel est l’objectif derrière la création d’un sous-comité sur la formation et le placement des chômeurs au sein de l’Empowerment Programme (EP) ?

Il faut situer la mise en place de l’EP dans le contexte de la transition économique du pays. Le modèle de développement basé sur les préférences commerciales et la main-d’œuvre peu formée a fait son temps. L’économie fait aujourd’hui face à des problèmes d’ordre structurel. Il nous faut un re-engineering complet des entreprises ainsi que de l’environnement des affaires pour que le pays reste compétitif.

Il nous faut reconnaître toutefois que cette transition va provoquer certaines perturbations au niveau social. Le textile a déjà perdu quelque 30 000 emplois. Il y a aussi eu des milliers de départs avec le plan de retraite volontaire dans l’industrie sucrière. D’autres compressions d’effectifs sont prévues dans ce secteur et ailleurs.

Les réformes sont importantes, mais il faut aussi pouvoir gérer cette transition en ce qui concerne les pertes d’emplois. D’où le composant de formation et de placement des chômeurs dans l’EP. Dans ce contexte, nous travaillons étroitement avec les entreprises pour placer et former les chômeurs.


Comment fonctionnent le système de placement et l’identification des postes vacants dans les entreprises ?

Nous sommes en train de remettre à jour la base de données sur les demandeurs d’emplois. Il s’agira d’une plate-forme interactive qui établira le profil des chômeurs. à partir de cette information, nous allons procéder à un exercice de matching (adéquation), c’est-à-dire mettre les sans-emploi en contact avec les employeurs qui ont besoin des effectifs selon le profil recherché.

L’identification du profil des chômeurs est faite par le ministère de l’Emploi avec le concours de l’université de Maurice et celui des entreprises. Nous espérons pouvoir mettre en place une plate-forme fonctionnelle, crédible et efficace. Le travail est presque finalisé.

“Les réformes sont
importantes, mais il
faut aussi pouvoir
gérer cette transition
en ce qui concerne les
pertes d’emplois. D’où
le composant de formation
et de placement des
chômeurs dans l’EP. ”


Comment va s’opérer la partie formation de ce système ?

Nous sommes actuellement en discussion avec des opérateurs de la construction, du tourisme et du textile. Nous allons assurer la formation et le placement des chômeurs. Dans le secteur du bâtiment, nous avons identifié 500 chômeurs pour suivre une formation à l’Industrial and Vocational Training Board (IVTB).

Dans le tourisme, nous sommes en pourparlers avec l’Association des hôteliers et des restaurateurs de l’île Maurice ainsi qu’avec des hôtels dans différentes régions de l’île notamment à Bel-Ombre, à Balaclava et à Flic-en-Flac. Nous allons démarrer la formation de quelque 300 sans-emploi incessamment.

Dans la zone franche, il y a des discussions avec la Mauritius Export Processing Zone Association et avec des usines dans le nord dans le but de faire une adéquation entre les offres d’emplois et le profil des gens qui cherchent un travail.

L’opération placement-formation se fera dans un cadre établi entre le Human Resources Development Council (HRDC), l’entreprise et le pourvoyeur de formation tel que l’IVTB. Le HRDC aura la tâche de faire le suivi de toute l’opération.

Si une entreprise a besoin de 50 personnes, celles-ci seront puisées à partir de la base de données interactive dont j’ai fait état. Certaines de ces personnes auront besoin d’une formation pour se qualifier à ces postes. Elles bénéficieront d’une formation en entreprise pour une période de 12 mois durant laquelle elles toucheront une allocation mensuelle de Rs 3 000. L’EP financera cette allocation à la hauteur de 50 %. Le reste sera pris en charge par l’employeur en question.

Dans le cas de la formation hors de l’entreprise, l’EP contribuera jusqu’à 60 % du coût de l’enseignement pour un maximum de Rs 3 000.

Nous allons faire le même exercice pour les secteurs du business process outsourcing et des technologies de l’information et des communications.


Les jeunes universitaires pourront-ils bénéficier de ce programme ?

Les gradués sont également couverts par cette initiative. Nous sommes en train de définir les paramètres pour l’exercice de placement et de formation en entreprise. C’est le ministère de l’éducation qui agira comme l’exécuteur de ce projet.

Nous voulons créer un nouveau dynamisme dans le rapport entre l’offre de la main-d’œuvre et les besoins des entreprises. C’est de cette manière que l’on pourra résoudre dans une certaine mesure le problème d’inadéquation entre l’offre et la demande du travail sur le marché.

En même temps, nous voulons encourager l’industrie de la formation à jouer pleinement son rôle.


Pourquoi retrouvons-nous devant un problème de manque de main-d’œuvre alors que le pays a un taux de chômage qui avoisine les 10 % ?

Il y a un problème de mismatch au niveau de l’information sur le marché de l’emploi. Les gens ne sont pas toujours au courant des jobs qui sont disponibles et les entreprises n’ont pas souvent accès aux informations concernant les personnes qui cherchent un emploi.

La plate-forme interactive qui sera mise en place permettra un échange maximal d’informations entre les différents partenaires. Les informations fournies par les employeurs permettront aussi de déterminer les besoins en formation des sans-emploi.

Nous comptons mettre cette plate-forme en ligne dans un proche avenir. Il nous faut une nouvelle dynamique au niveau de l’information. Nous avons établi une liste de 20 000 chômeurs et nous avons constitué différents profils selon l’âge, les qualifications, les aptitudes et les aspirations de ces derniers.

Nous allons effectuer les placements en fonction de ces données. Nous voulons que ce système se prenne en charge et se développe.


Les gens font souvent l’amalgame entre l’Empowerment Programme (EP) et l’Empowerment Fund (EF). Quelle est la différence entre les deux ?

L’EF est un instrument financier qui offre des fonds propres aux opérateurs qui ont besoin d’un financement. L’EF est géré par des cadres qui sont spécialisés dans le financement des projets.

C’est complètement différent de l’EP qui est une initiative de soutien pour les petites et moyennes entreprises, les groupes vulnérables et les femmes entrepreneurs.


Propos recueillis par
Akilesh ROOPUN



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