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Le “Joint Economic
Council” rappelle les signes visibles de la fin du cycle de la
prospérité économique et souhaite une réaction positive de la
population.
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| Prendre conscience de la situation difficile du
pays : Raj Makoond (à g.) et Jacques de Navacelle,
respectivement directeur et président du JEC, veulent un
réveil de la population. | Le
pays doit s’éveiller à la dure réalité des choses. Le Joint
Economic Council (JEC) tire la sonnette d’alarme. Le pays a
vécu au-delà de ses moyens pendant trop longtemps,
soutient-il. Il est plus que temps de s’ajuster aux nouvelles
conditions économiques.
La principale organisation des
opérateurs s’inquiète que la population n’ait pas encore pris
la mesure de nos difficultés. Les salariés et les
consommateurs devront comprendre l’urgence des réformes et
être prêts à faire des sacrifices. “Il faut que les gens se
rendent compte que sans les réformes, la situation va être
pire à l’avenir”, insiste Jacques de Navacelle, président du
JEC.
Le pays ne peut plus rééditer son succès
économique des années 80 et 90. Les règles du jeu ont changé,
de même que les recettes du succès. Raj Makoond, directeur de
l’organisation, situe les programmes de restructuration dans
leur contexte : le modèle économique, basé sur les préférences
et la main-d’œuvre peu formée, a fait son temps. Il faut
maintenant trouver un nouveau modèle économique construit sur
la compétitivité réelle des salariés et des entreprises. “La
population croit toujours que ce modèle qui a assuré la
prospérité économique dans le passé est éternel. Il faut faire
comprendre aux gens que ce temps-là est terminé.”
Le
JEC rappelle que les signes de cette fin de cycle, visibles
depuis quelque temps, se traduisent par des indicateurs
macroéconomiques fort inquiétants. Notamment, avec un taux de
chômage autour des 10 %, un déficit public de 6 % du produit
intérieur brut, une croissance pâle de 3 % , un taux
d’investissement de 21 %, largement en dessous du niveau
sécurisant de 30 % et un taux d’épargne inquiétant de 15 %.
La voie de la croissance
“La
continuité de ce modèle veut dire la poursuite des pertes
d’emplois, sans de nouvelles possibilités d’investissement”,
déplore Jacques de Navacelle. Seules des réformes rapides et
en profondeur pourront relancer la machinerie et faire
retrouver la voie de la croissance, le plein emploi et des
finances publiques saines. “Face aux dangers de perte
d’emplois continue, il faut reconnaître la nécessité des
réformes en profondeur pour relancer la création de la
richesse.”
“Où trouver l’argent maintenant ?”
Réformer c’est aussi se poser des questions de
fond sur le système social existant. “Avec les préférences, il
y avait un surplus d’argent pour financer les subventions. Où
trouver cet argent maintenant ? demande Raj Makoond. Notre
modèle de l’Etat providence n’est plus viable dans ces
conditions. Le système doit être remodelé pour qu’il puisse
correspondre à la réalité.”
Les conditions de travail
et les droits des travailleurs doivent aussi s’aligner sur la
nouvelle configuration. “Grâce aux préférences, le salarié
obtenait une rémunération supérieure à son niveau de
compétences”, fait ressortir le directeur du JEC. La
dérégulation de l’emploi devrait, dans une certaine mesure,
ramener les choses à leur juste proportion.
L’emploi
reste une préoccupation majeure du gouvernement et des
opérateurs. Il faut certes créer de nouvelles opportunités
d’embauche pour les jeunes qui entrent sur le marché de
l’emploi pour la première fois. Une des tâches prioritaires
est de régler le paradoxe entre le chômage et le manque de
bras dans certains secteurs. “Il y a un break-down dans le
système d’information de notre marché du travail, d’où
l’inadéquation entre l’offre et la demande de la
main-d’œuvre”, explique Raj Makoond.
Le facteur de
mauvaise image de certaines activités, dont le textile,
alimente le déséquilibre. Il faut aussi changer certaines
perceptions pour faire les Mauriciens retourner dans les
usines de textile, dit le JEC. “On ne parle pas souvent du
nouveau textile, c’est-à-dire des groupes qui investissent
massivement dans l’industrie comme Star Knitwear, la Compagnie
mauricienne de textile, Denim des îles et CIEL Textile”,
déplore Jacques de Navacelle.
Pour celui-ci, ces
groupes représentent une nouvelle génération du
textile-habillement. Il y a des opportunités d’embauche pour
des gens formés dans les nouvelles techniques de fabrication
et dans les métiers à valeur ajoutée tels le design et la
mode.
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