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Le ministre des Finances Rama Sithanen promet de
soutenir les entreprises tournées vers l’exportation
Le ministre des Finances est dans un dilemme en ce
qui concerne la valeur de la roupie. Il doit soutenir
l’exportation, mais ne peut le faire au détriment des
consommateurs. S’il fait jouer le taux de change pour
soutenir les exportateurs, cela risque de faire grimper
le taux d’inflation.
Lors d’une rencontre avec les membres de la Mauritius
Export Association (MEXA), Rama Sithanen a expliqué que
la résolution du problème de taux de change est très
délicate. «La volatilité de la monnaie nationale suit le
mouvement général des devises sur le marché
international. Ce n’est pas nous qui décidons du taux de
change à l’international. Mais nous le subissons. Le
mieux que nous puissions faire est d’aplanir cette
grande volatilité de la roupie. Mais là encore, il faut
tenir compte des taux de change croisés», a-t-il
soutenu.
Toutefois, le ministre des Finances a donné
l’assurance à ses interlocuteurs que la survie des
entreprises demeure l’une de ses priorités. «On
peut encore assouplir la politique monétaire pour aider
nos entreprises. Mais comprenez mes difficultés dans une
situation où l’inflation est toujours à un niveau élevé.
J’ai le devoir d’apporter une solution qui soit
équilibrée, juste et équitable pour tout le monde», a
ajouté le ministre des Finances.
Rama Sithanen est aussi revenu sur les décisions
budgétaires expansionnistes prises par le gouvernement
en juin, qui ont permis au pays de bâtir une résilience
contre les incidences de la crise. Les différentes
mesures prises en décembre dans l’additional stimulus
package sont également, d’après le ministre, le gage de
bonne foi du gouvernement à conduire l’économie à bon
port.
D’autres intervenants ont souligné la situation
particulièrement difficile dans laquelle se trouvent
plusieurs entreprises.
Raj Makoond, le directeur du Joint Economic Council,
a quant à lui, expliqué le Mechanism for Transitional
Support to Private Sector (MTSPS) qu’il co-dirige avec
Amédée Darga. «Le MTSPS ne peut pas supporter les
entreprises qui ne sont pas en mesure de marcher dans la
bonne direction. Les entrepreneurs qui ne sont pas
capables de faire face à leurs problèmes de trésorerie
sur une période d’une année au moins ne seront pas
éligibles pour le mécanisme de support. La crise fera
quelques victimes». Raj makoond a exhorté les
entrepreneurs à ne pas cacher aux autorités les
difficultés auxquelles ils font face. «Si vous êtes
conscients que vous courrez certains risques qui
surgiront dans le futur, des risques que vous ne pouvez
pas gérer seuls, je vous prie de vous confier à
nous».
Pour sa part, Georges Chung a souligné qu’en sus des
difficultés de change, les embarras infra structurels
aggravent la situation des entreprises. «Les problèmes
d’infrastructures routières expliquent en partie nos
soucis de compétitivité. Face à cette situation, Maurice
est-elle vraiment capable de rebondir, quand sonnera
l’heure de la reprise?», s’interroge Georges Chung.
Ecouter le discours de Rama
Sithanen
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