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Les PME se disent mal
représentées dans le dialogue gouvernement-secteur privé et
veulent des consultations directes. Les récentes tensions leur
donnent l’occasion de s’exprimer.
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| Charles Li, président de la Federation of
Business Chambers, lors du lancement, le 21 mars. Il dit
que “les PME n’ont pas les mêmes facilités que les
grosses entreprises”. | Le
gouvernement entend revoir ses rapports avec la communauté des
affaires. Les récents dérapages entre les gouvernants et
l’establishment du secteur privé, représenté par le Joint
Economic Council (JEC), ont changé la donne. Les décideurs
politiques veulent dorénavant traiter avec une représentation
plus élargie du monde des affaires. Les nouveaux
interlocuteurs potentiels se positionnent déjà avec leurs
shopping lists.
Conformément à sa volonté de
démocratiser l’économie et d’élargir l’espace des opportunités
en faveur des nouveaux entrepreneurs, le gouvernement a
multiplié ses initiatives en faveur des groupes d’intérêt ne
faisant pas partie du principal courant de la communauté des
affaires. Les événements de ces deux dernières semaines ont
conforté cette attitude.
Le JEC, perçu comme le
porte-parole du gros business traditionnel, cédera
inévitablement du terrain dans ce remodelage du dialogue
secteur privé – secteur public. Le Premier ministre, Navin
Ramgoolam, disait, lui, lors d’une sortie publique à Triolet
que le “JEC ne représente pas tout le secteur privé”. Le
ministre du Commerce et de l’Industrie, Rajesh Jeetah, avait
utilisé jeudi dernier le terme “voix isolées” pour qualifier
le JEC en tant que représentant de l’ensemble des opérateurs.
D’autres voix au sein du gouvernement ont questionné la
légitimité de l’organisation face aux attentes et intérêts
divers, et parfois conflictuels, des autres segments de
l’activité économique.
Les associations
professionnelles et d’entrepreneurs hors du giron de la
Plantation House s’enthousiasment de cette réorientation et
disent espérer mieux faire valoir leurs revendications. “Nous
avons l’impression d’être mal représentés dans le dialogue
actuel. Les petites et moyennes entreprises (PME) ont des
besoins spécifiques. Nous estimons qu’il nous faut avoir des
consultations directes avec le gouvernement. Nous
souhaiterions partager nos vues sur le Competition Bill et
l’Equal Opportunities Act notamment avec l’état” explique
Charles Li, le président de la Federation of Business Chambers
(FBC). “Les PME n’ont pas les mêmes facilités que les grosses
entreprises en termes d’accès aux capitaux, d’accès aux
marchés et de compétitivité.”
Revendiquer leurs
différences
La fédération a été lancée en mars et
a pour but de regrouper des groupes d’opérateurs pour mieux
faire entendre la voix des PME. La fédération regroupe
plusieurs organisations d’entrepreneurs et de professionnels
dont la Chinese Business Chamber, la Hindu Business Chamber,
la Tamil Chamber of Commerce and Professionals Association la
Marathi Business Chamber et l’Entrepreneurs and Professionals
Association. Quelque 900 entrepreneurs et professionnels sont
concernés.
Les entrepreneurs ont démontré ces derniers
temps un certain dynamisme pour mieux revendiquer leurs
différences par rapport aux discours de l’establishment. “Lors
des consultations entre les organisations du secteur privé et
le gouvernement, ce dernier a toujours tendance à privilégier
les grands groupes car il y a un ordre de priorités. C’est la
raison pour laquelle il y a eu plusieurs chambres de business
de petite taille qui ont vu le jour récemment. Les PME ont
l’impression d’être sous-représentées dans les organisations
traditionnelles”, souligne Sanjay Mungur, Managing Director
d’EMS Consulting, un cabinet de service conseil spécialisé
dans les PME. “Il existe aussi une mauvaise représentation des
secteurs émergents tels que des technologies de l’information
et des communications.”
Le JEC, de son côté, se défend
d’être le porte-voix de l’élite de la communauté des affaires
seulement. “Le JEC comprend en son sein toutes les principales
organisations du secteur privé. Celles-ci regroupent à leur
tour d’autres associations d’opérateurs. Au bout du compte,
tout le monde est représenté au sein du JEC”, explique Jacques
de Navacelle, le président du JEC.
DIALOGUE
Navacelle : “Notre agenda n’a pas changé”
■ La principale organisation du secteur privé se
prépare à une éventuelle reprise de dialogue avec le
gouvernement. Les dirigeants du Joint Economic Council (JEC)
se réunissent demain à Port-Louis pour se pencher sur les
dossiers dont ils souhaitent discuter avec les dirigeants
politiques. Aucune date n’a été arrêtée à ce stade. “Le
Premier ministre a répondu à notre correspondance de la
semaine dernière. Il dit être d’accord sur le principe de
discussion. Le JEC va se pencher sur les questions qui
pourront y être abordées. Notre agenda n’a pas changé. Nous
souhaitons la poursuite des réformes engagées depuis le budget
de l’année dernière”, soutient Jacques de Navacelle, le
président.
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