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 QUESTIONS A JACQUES DE NAVACELLE, PRESIDENT DU
«JOINT ECONOMIC COUNCIL» (JEC) «Il
faut supprimer les organismes publics qui ne servent à
rien»
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● Le ministre
des Finances indique que 2007 a été une année positive sur le
plan économique. Partagez-vous cet avis ?
En 2007
nous avons, en effet, constaté avec satisfaction les bénéfices
macroéconomiques des deux derniers budgets. Cela est très
encourageant en termes d’investissement et de creation
d’emplois. Nous sommes cependant très préoccupés par la
paupérisation d’une partie grandissante de la population, car
c’est l’émergence de graves risques d’explosion sociale.
Il faut que l’Etat se désengage rapidement des
nombreux secteurs économiques où le secteur privé peut faire
beaucoup mieux, afin de concentrer ses ressources pour assurer
un avenir décent aux plus pauvres.
● Quelles sont
les principales attentes du JEC pour l’an prochain ?
Nous souhaitons que le gouvernement progresse plus
vite sur des aspects importants des réformes économiques qui
sont beaucoup trop lentes. Dans le domaine de
l’infrastructure, par exemple, presque rien n’a été fait
depuis deux ans.
Nous pensons aussi à l’aéroport, au
port, au by-pass de Port-Louis.
Nous voulons également
que la modernisation des lois du travail se réalise au plus
vite, sans se laisser retarder par des batailles
d’arrière-garde qui mettent en péril l’avenir même du pays. La
reforme des entreprises publiques est une priorité. Il faut
rapidement remettre de l’ordre dans certaines entreprises
comme la Central Water Authority qui est, de par sa mauvaise
gestion, en partie responsable de la pénurie actuelle d’eau.
Il faut supprimer les organismes publics qui ne
servent à rien. Nous espérons que le pouvoir politique placera
l’intérêt national bien au-dessus des considérations
politiciennes à court terme et aura le courage de déplaire,
s’il le faut, à certains supporters pour sauver l’avenir.
Le Business Facilitation Act a donné de bons résultats
dans certains secteurs, mais a besoin d’être rapidement étendu
à tous les services publics.
Nous nous attendons aussi
à ce que le gouvernement s’attaque au financement de la vie
politique et, notamment, celui des partis politiques, si l’on
veut que la démocratie mauricienne soit financée d’une manière
transparente et digne d’un pays développé.
● Le gouvernement et l’establishment du
secteur privé ont entretenu des rapports très difficiles en
2007. Comment voyez-vous les choses évoluer l’année prochaine
?
Les relations entre le pouvoir politique et le
secteur privé n’ont jamais été interrompues. Mais
contrairement à certaines conceptions archaïques, on ne peut
pas avoir des relations de travail sérieuses sans mettre
clairement sur la table nos divergences. C’est le seul moyen
de progresser. Le JEC a eu raison de prendre une position
publique ferme en mai 2007, car cela a permis des réactions
positives et de faire avancer des dossiers difficiles.
Le fait que le Premier ministre ait reçu
personnellement le président du JEC en l’encourageant à
continuer à pratiquer le franc-parler est la confirmation que
nous avons eu raison. Cela étant, le dialogue n’a jamais été
interrompu entre gens de bonne volonté. Cela est un atout
extraordinaire pour le succès de notre économie.
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Akilesh ROOPUN
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