Samedi 1 mars 2008 - No. 16446

Consultez
Les archives
de l'express

Vous êtes ici: Accueil  > Archives

Au quotidien

Sommaire

La Une

Editorial

Actualités

Sports


Cette semaine

l'express Nord

l'express Est

l'express Sud

l'express Ouest

l'express Outlook

l'express Rodrigues

Culture

Economie & Business

Porte-monnaie

Apartés

Cinéma

Tribune


Services

Avis de décès
Bourse
Horoscope
Météo
Petites Annonces
Programme TV
Publicité
Taux de change
la sentinelle

Article publié le Mercredi 20 février 2008.


QUESTIONS À RAJ MAKOOND ET JACQUES DE NAVACELLE, DU «JOINT ECONOMIC COUNCIL»
Le JEC en faveur d’un élan national pour éradiquer la pauvreté


Le débat fait rage sur le ciblage des prestations sociales et curieusement nous n’avons pas encore entendu l’opinion du secteur privé que vous représentez sur cette question…

Le «Joint Economic Council» (JEC) préfère voir les choses d’un angle différent pour élever le débat au-dessus des lignes politiques partisanes. Si le fond du débat est d’aider les pauvres à se réinsérer dans l’économie nationale nous voulons bien y participer. Quel est le constat aujourd’hui ? Selon les chiffres dont nous disposons, il y aurait à Maurice 26 400 ménages qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté. C’est un chiffre qui rejoint d’autres statistiques indiquant qu’il y aurait 104 000 personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté.

A Maurice, le seuil de pauvreté n’est pas de moins de 2 dollars par jour comme le mesure les Nations unies dans d’autres pays pauvres. Dans notre pays, le seuil de pauvreté se mesure comme étant un revenu inférieur à la moitié de la médiane des revenus des ménages. Ce seuil représente Rs 3 800 par mois.

Quel est le profil de ces pauvres ?

On ne dispose pas de données précises sur ce problème. On peut, se référer aux statistiques sur le chômage qui est un bon indicateur. Le pauvre est généralement sans emploi. Leur scolarisation a été un échec. Un sur cinq n’ont pas le Certificate of Primary Education et près de la moitié n’ont pas obtenu le School Certificate.

Alors que faire ?

Il faudrait un élan national, une coalition de l’Etat, du privé et les Organisations non-gouvernementales afin de mettre sur pied un programme pour premièrement, identifier clairement les pauvres et ensuite les accompagner. Cette identification est essentielle à notre démarche. Mais il ne s’agit pas de les identifier uniquement pour les besoins de l’administration en ce qu’il s’agit de prestations sociales.

Non. Nous voulons aller plus loin et embarquer ces personnes en difficulté dans un programme de réinsertion sociale et économique. Nous voulons les tirer de l’ornière afin qu’elles puissent rattraper le train du développement.

Comment les tire-t-on de l’ornière, nombre d’entre eux sont même analphabètes ?

Il s’agit premièrement de leur donner des outils primaires pour qu’ils trouvent leur chemin dans la société. Il faut leur inculquer des «life skills». Ce sont généralement des gens à qui l’on ment facilement, qui se font souvent berner, qui ne savent pas à quelle porte frapper pour faire aboutir leurs démarches. Les pauvres sont en outre les premières victimes de la corruption.

Parmi les «life skills» il faut aussi leur inculquer de la discipline de vie : se lever le matin pour aller travailler.

Intervient ensuite ou parallèlement un programme de formation technique qui vise à les insérer dans une entreprise. Il y a eu des exemples de réussites dans plusieurs entreprises grâce au support de l’Empowerment Programme qui leur offre une formation au sein même de l’entreprise qui peut se transformer ensuite en embauche définitive. Les participants bénéficient d’un «stipend». Sous l’Empowerment Programme, 3000 personnes ont été placées avec succès dans des entreprises. On les encouragera aussi à monter leurs propres entreprises.




La meilleure façon
d’éradiquer la pauvreté
est de la combattre à sa
racine. Il s’agit d’abord
de réintégrer les gens
dans le monde du
travail. Dans l’économie
réelle, il faut d’abord
réussir à attraper
le premier barreau de
l’échelle. Si on le loupe
on reste à quai et le
train démarre sans nous.»




Tout ceci dit, vous n’avez pas répondu à ma question êtes-vous pour ou contre le ciblage ?

Nous pensons qu’il y a des gens malades, des gens du troisième âge qui devraient bénéficier d’une aide de l’Etat dans les moyens limités dont il dispose. Il y a des retraités dont la retraite ne leur permet pas de vivre décemment. Il faut s’en occuper maintenant. Néanmoins, nous restons persuadés que la meilleure façon d’éradiquer la pauvreté est de la combattre à sa racine. Il s’agit d’abord de réintégrer ces personnes dans le monde réel du travail. Là encore, il faut s’en occuper individuellement. Si c’est ça le ciblage, alors nous sommes pour le ciblage.

Dans l’économie réelle, il faut d’abord réussir à attraper le premier barreau de l’échelle. Si on le loupe on reste à quai et le train démarre sans nous. A ce chapitre, nous aimerions vous citer Jeffrey Sachs de son livre The End of Poverty : How we can make it happen in our life time.

Il y a aujourd’hui 8 millions de personnes qui meurent chaque année parce qu’elles n’ont pas de quoi vivre ; ils sont trop pauvres. Parmi il y a les Malawites qui sont trop usés pour mettre un pied sur l’échelle de la survie économique. Puis il y a les Bangladeshi qui ne meurent pas de faim mais qui pour se nourrir, se tuent au travail chaque jour.

Maurice n’a que 26 400 ménages en-dessous du seuil de pauvreté. Un élan national et une entente entre les secteurs privé et public peuvent éradiquer la pauvreté à Maurice. Il suffit de le vouloir..

A-t-on besoin d’argent ?

Non, c’est juste une question de répartir différemment. Eviter les gaspillages, réduire les subventions sur certains produits et diriger l’argent ainsi économiser sur ceux qui en ont besoin.





Stéphane SAMINADEN

envoyer l'article

imprimer l'article

Nos Partenaires




Nous contacter
| Publicité | Abonnez-vous | Webmaster
© Copyright La Sentinelle
Designed and Hosted by Telecom Plus Ltd