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Le gouvernement suggère
que les producteurs privés d’énergie réduisent le prix du kWh
qu’ils vendent au CEB, que les centrales thermiques cèdent des
actions à ce dernier. Une taxe sur leurs profits est une
troisième option.
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| Les précédentes tentatives de revoir le contrat
entre la centrale de Belle-Vue et le CEB ont
échoué. | Dans le différend qui
oppose gouvernement et sucriers le volet énergie compte pour
une grande part. Ce que l’Etat attend à ce sujet se dessine.
Le gouvernement est mécontent du prix payé par le Central
Electricity Board (CEB). Il le considère comme étant trop à
l’avantage des producteurs d’énergie du secteur privé.
La première proposition du gouvernement est que les
sucriers réduisent le prix de vente par kilowattheure (kWh).
La possibilité d’une renégociation des prix est étudiée. Car
les garanties de prix du kWh fourni au CEB par les Independent
Power Producers (IPP) assurent à ces opérateurs privés des
profits «abusifs», estime-t-il. Pour cette raison, il faut
revoir les conditions dans les contrats en négociation ainsi
que ceux déjà signés.
Or dans le passé, diverses
tentatives ont été faites, même sous l’ancien régime, pour
réviser le Power Purchase Agreement (PPA) signé entre le CEB
et les producteurs privés, dont la Compagnie thermique de
Belle-Vue (CTBV). Mais le parquet avait statué que le contrat
ne pouvait être revu.
Ces tentatives de réviser le PPA
se sont heurtées d’une part à la difficulté de trouver une
win-win solution en l’absence de circonstances nouvelles par
rapport à celles prévalant au moment de la signature du
contrat, et d’autre part, à l’impossibilité de modifier le
contrat sans l’accord de l’intégralité du consortium bancaire
qui a financé la construction de la centrale de CTBV. La
Banque européenne d’investissement, qui faisait partie du
consortium, était aussi opposée à une renégociation du prix.
La deuxième proposition du gouvernement concerne la
profitabilité des centrales thermiques du privé. Dans cette
optique, il ne veut nullement remettre en question les
contrats mais se penche en faveur d’un partage de profits.
Cela signifie que les centrales thermiques du privé cèdent des
actions au CEB. Qu’il s’agisse des centrales existantes ou à
venir, le CEB souhaite obtenir jusqu’à 30 % de l’actionnariat.
Cette proposition a l’avantage de réduire la
concentration économique en élargissant l’actionnariat dans le
secteur de l’énergie. Cette option est celle qui serait
privilégiée par le CEB. D’ailleurs, il a déjà mis sur pied son
«investment arm», le CEB Investment Ltd, qui va acquérir les
actions dans les centrales thermiques du privé. De plus,
certains au gouvernement se penchent en faveur de
l’institution d’un panel indépendant pour déterminer la part
d’actionnariat à donner au CEB.
La troisième
proposition est une taxe sur les profits des centrales
thermiques. Une aile du gouvernement est en faveur de cette
option mais une autre estime que la taxation des profits est
un mauvais signal donné aux investisseurs.
Ces
questions feront objet de discussions avec les sucriers. Une
réunion pourrait avoir lieu aujourd’hui, mais ces derniers
soulignent, hier à la mi-journée, qu’ils n’avaient pas encore
eu de lettre officielle au sujet de cette rencontre. «Ce qui
se passe est incompréhensible. Le PM dit qu’il rejette les
nouvelles propositions mais les sucriers ne savent pas ce
qu’il veut car il n’a pas dit pourquoi il n’est pas d’accord
avec ces propositions et il n’a pas clairement dit ce qu’il
souhaitait», explique Jacques de Navacelle, président du Joint
Economic Council (JEC).
«Les sucriers, ajoute le
président du JEC), essaient d’imaginer ce que le PM veut. Nous
avons l’impression qu’il est préoccupé par la question de
l’énergie. Les sucriers veulent rencontrer le PM pour savoir
sur quels points discuter. Le sentiment général est qu’il est
possible qu’il y ait une réunion aujourd’hui il n’y a rien de
formel.»
Arvin Boolell, ministre de l’Agro-industrie,
estime que “la balle est désormais dans le camp des sucriers”.
«Le PM est constant dans son appel et il y a un all inclusive
package pour la réforme sucrière. Il y a eu des propositions
et des contre-propositions mais il y a encore un petit effort
à faire de la part des sucriers afin que nous puissions aller
plus loin dans le chemin parcouru jusqu’ici. Le PM a exprimé
sa volonté de présider les discussions. Nous attendons une
réponse favorable de la MSPA.»
Il ajoute : «Nous
connaissons les échéances. Nous connaissons l’importance du
Blueprint et du Voluntary Retirement Scheme pour les
travailleurs. Le PM souhaite qu’un accord soit conclu et nous
attendons donc que la MSPA revienne à de meilleurs
sentiments.»
Jusqu’ici, l’absence de consensus entre
le gouvernement et les sucriers a bloqué l’avancement du
processus de réforme sucrière tel qu’il est énoncé dans la
Multi Annual Adaptation Strategy. De même, cela met en péril
le décaissement des fonds de l’UE.
Navin Ramgoolam a
affirmé son intention de revoir certains aspects clés du plan
stratégique de la réforme sucrière même si cela pourrait
occasionner des retards dans le déboursement des fonds
européens. Toutefois, Bruxelles n’a pas caché son
mécontentement face au non-respect des échéances agréées au
préalable tout en soulignant les conséquences sur les
décaissements des fonds.
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