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Le président du Joint
Economic Council a quitté la salle en plein discours du
ministre de l’Industrie, hier à Pailles. Ce dernier a qualifié
le JEC de “voix isolées”. Jacques de Navacelle trouve cette
attitude “inacceptable”.
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| François de Grivel, président de la MEXA, remet
un souvenir à Rajesh Jeetah,
hier. | Les tensions persistent
entre le gouvernement et le Joint Economic Council (JEC).
Jacques de Navacelle, le président du JEC a fait un walk-out
hier, lors de la cérémonie de lancement de la Mauritius Export
Association (MEXA) à Pailles (voir ci-dessous). Il a quitté la
salle au moment où le ministre de l’Industrie, Rajesh Jeetah,
prononçait son discours. Ce dernier faisait une virulente
sortie contre les responsables du JEC sans toutefois les
nommer.
Le ton est monté d’un cran lors de
l’intervention du ministre. “Nous n’avons aucune leçon à
prendre de ces voix isolées (NdlR : les dirigeants du JEC). Et
en leur capacité de représentants d’une organisation
respectée, s’ils ne peuvent pas supporter la chaleur, ils
savent ce qu’il leur reste à faire : quitter la cuisine !”
À ce moment, Jacques de Navacelle, assis dans les
premiers rangs de la salle du restaurant Clos St.-Louis, au
Domaine Les Pailles, s’est mis debout. Il a effectué son
walk-out sous les regards très embarrassés des dirigeants de
la MEXA.
L’atmosphère tendue à la soirée d’hier
prolonge, voire accentue, les sentiments de rivalité entre
l’establishment de la communauté des affaires et les décideurs
politiques. Du moins, du côté du gouvernement, où des
ministres et des députés sont bien disposés à poursuivre
l’affrontement. Beaucoup n’ont toujours pas pu digérer les
remarques qu’ils jugent déplacées du JEC la semaine dernière
contre certaines décisions et des comportements du
gouvernement.
Contacté au téléphone, hier soir,
Jacques de Navacelle trouve inacceptable l’attitude du
ministre de l’Industrie. “C’est tout à fait inacceptable de la
part d’un ministre d’attaquer les représentants d’une
organisation comme le JEC. Je n’ai jamais vu une telle chose
dans un pays civilisé. Les responsables politiques n’acceptent
pas les critiques. Ils ne répondent pas aux critiques, mais
ils s’attaquent aux personnes.”
“Aucune
querelle”
Dans son discours, Rajesh Jeetah a
qualifié les dirigeants de voix isolées qui ne représentent
pas l’ensemble du secteur privé. “À ma connaissance, il n’y a
aucune querelle entre le secteur privé et le gouvernement (…)
Il y a des consultations entre l’État et le secteur privé sur
de nombreux sujets. En ce moment même, il y a des
consultations entre le secteur privé, le gouvernement et les
syndicats (…) Ce gouvernement croit dans une politique de
dialogue.”
Le ministre a mis en garde contre le danger
que “ces voix isolées” puissent mettre en péril l’esprit de
dialogue entre les opérateurs et l’État qui s’est bâti au fil
de longues années.
Le ministre du Travail, Vasant
Bunwaree, a lui été plutôt sobre dans ses critiques contre le
JEC. “Il nous faut faire très attention aux mots que nous
utilisons, à moins que nous estimions que nos propos n’ont
aucune importance.”
Toujours est-il que toute
éventuelle reprise de dialogue entre le principal porte-parole
du business et le gouvernement semble être sérieusement
compromise. Le courant ne passe pas. À l’approche des
consultations prébudgétaires, la situation se présente plutôt
mal.
Malgré les incidents d’hier, le président du JEC
montre encore une disposition à retourner à la table de
discussions. Il compte soulever la question avec les autres
dirigeants de l’institution aujourd’hui pour décider de la
marche à suivre. “Il ne faut pas non plus gâcher toutes les
chances de l’économie pour une question d’attitude.”
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| “Tout est exportable”, estime Danielle
Wong | La Mepza se donne une
nouvelle mission après 30 ans d’existence
L’heure
de tourner la page. La Mauritius Export Processing Zone
Association (MEPZA), l’association des opérateurs de la zone
franche, se met au diapason de la nouvelle réalité
industrielle du pays. À partir d’aujourd’hui, elle change de
nom et devient la Mauritius Export Association (MEXA). Elle se
donne une nouvelle vocation : promouvoir un état d’esprit
exportateur chez les entrepreneurs mauriciens.
Après
trois décennies d’existence au service des opérateurs de la
zone franche, la Mepza veut brasser plus large. “Nous
travaillons depuis quelque temps déjà dans l’optique de
regrouper un maximum d’entreprises qui ont une vocation
exportatrice. Nous voulons promouvoir une attitude
d’exportation chez les entrepreneurs. Nous partons de l’idée
que tout est exportable. Il n’y a pas que les biens
manufacturiers. Il y a aussi les fruits, les légumes,
l’agroalimentaire, les samoussas et les dholl puris…” explique
Danielle Wong, directrice de la Mepza.
Actuellement,
l’organisation regroupe des entreprises qui brassent un
chiffre d’affaires de Rs 33 milliards environ. Elle vise, avec
la nouvelle configuration, un business tournant autour de Rs
50 milliards. Les petites et moyennes entreprises (PME)
occuperont une bonne place dans ce nouvel espace.
La
transformation de la Mepza est en accord avec la nouvelle
politique industrielle en place. Depuis l’année dernière, la
notion de la zone franche n’existe plus avec l’abrogation de
l’Export Processing Zone Act. Les barrières entre la zone
franche et les autres industries manufacturières sont tombées.
La Mepza a profité de cette intégration pour se repenser et se
mettre au service d’autres activités, dont les services.
Diversifier
Dans le même souffle,
il y a une démarche de diversifier la base industrielle hors
du textile-habillement. “Il y a des secteurs tels que le
seafood-hub qui se développent rapidement. Nous avons acquis
une grande expérience dans l’exportation grâce au textile.
Nous voulons mettre ce savoir-faire au profit des autres
activités au niveau de la recherche des marchés, du réseau et
de la logistique entre autres. La confection restera toutefois
l’épine dorsale de l’industrie”, souligne Danielle Wong.
Les autorités se réjouissent de cette démarche de la
Mepza. “J’accueille favorablement cette transformation de la
Mepza. Elle tient compte du fait que d’autres secteurs
existent dans l’exportation”, commente Amédée Darga, le
président de Enterprise Mauritius (EM). “Je suis heureux de
cet alignement avec la stratégie prônée par EM.”
En
effet, la stratégie d’EM consiste essentiellement à
accompagner les entreprises à se moderniser afin de pouvoir
rester compétitives dans les marchés d’exportation. “Cette
stratégie comprend plusieurs axes dont la consolidation, la
restructuration et la réorientation des sous-secteurs
existants tels que l’habillement tout en mettant l’accent sur
les PME dans les secteurs de l’ameublement, de la bijouterie
et de l’ingénierie légère”, explique Amédée Darga.
EM
aide aussi les entrepreneurs à explorer de nouveaux marchés,
notamment ceux de la région et du continent africain. L’agence
d’accompagnement contribue d’autre part au développement de
nouvelles filières telles que l’industrie marine et des
loisirs.
“Les entreprises locales, du moins celles qui
en ont la capacité, sont convaincues qu’il faut non seulement
consolider leur position sur le marché local, mais aussi
diversifier leur production et prospecter les marchés
régionaux”, écrit Hamid Jhumka, le responsable de la division
Industrie à la Chambre de commerce et de l’industrie de l’île
Maurice, dans le dernier bulletin semestriel de l’institution.
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