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C’est l’escalade. Après
les critiques du JEC contre le gouvernement, le Premier
ministre a réagi. Les représentants du privé se réunissent
d’urgence aujourd’hui pour faire le point.
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| Raj Makoond et Jacques de Navacelle, du JEC,
veulent réinstaurer le dialogue avec le gouvernement.
| Les rapports entre le
gouvernement et l’establishment du secteur privé se
détériorent. Le Joint Economic Council (JEC) a émis des
critiques sur l’environnement des affaires durant la semaine
écoulée. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a vivement
réagi à ces remarques vendredi soir. Le JEC s’inquiète de la
tournure des choses et se réunit d’urgence aujourd’hui pour
passer en revue la situation.
Aux tensions entre
l’Hôtel du gouvernement et la Plantation House sur le dossier
sucre, s’ajoute un bras de fer de nature encore plus explosive
entre décideurs politiques et la direction du monde des
affaires.
Lors d’un point de presse, jeudi, le JEC a
dit son irritation devant des décisions et des signaux du
gouvernement jugés incohérents par rapport à sa politique de
réforme déclarée. La restructuration sur papier ne se traduit
pas nécessairement dans les actes, s’insurge le conseil des
opérateurs.
Dans le même souffle, le JEC invite l’état
à s’engager dans un retrait stratégique de certaines activités
économiques et à laisser le champ libre aux entreprises
privées. Il appelle à des consultations avec le gouvernement
pour essayer de clarifier la situation.
Le Premier
ministre, Navin Ramgoolam, voit d’un très mauvais œil les
commentaires des représentants du secteur privé. Il s’en prend
au président du conseil, Jacques de Navacelle. “Il (Jacques de
Navacelle) m’a critiqué lorsque j’étais leader de
l’opposition. Aujourd’hui, il dit ce que le gouvernement devra
faire. Chacun doit faire ce qui lui incombe. A Maurice, il y a
cette impression que le gouvernement doit tout donner. Il faut
mettre un terme à cette attitude. Nous vivons dans un autre
siècle. Nous ne sommes plus une colonie. J’espère qu’il s’en
rappelle”, s’exclame le chef du gouvernement dans une
déclaration à la presse vendredi soir.
Il brandit la
menace d’une loi sur la concurrence. “Le Competition Bill
arrive. Il s’agit d’une législation très importante et qui
nous permettra d’avoir un secteur privé qui sait pratiquer la
concurrence au lieu de se plaindre matin et soir.”
Contacté par l’express hier, le président du JEC dit
déplorer cette attitude. “Il est regrettable que les choses
dérapent alors que nous avions émis le souhait d’un débat. Le
JEC se réunit demain (aujourd’hui) pour passer en revue la
situation. Nous réitérons notre appel pour trouver un moyen de
dialogue avec le gouvernement dans la transparence.”
A
la critique contre le secteur privé de toujours chercher de
l’aide auprès de l’état, celui-ci rétorque qu’en fait “c’est
le secteur public qui vient demander au secteur privé de
l’aider dans beaucoup de cas”.
Les rapports entre
l’establishment de la communauté du business et le régime de
Navin Ramgoolam ont été souvent laborieux et conflictuels. Les
nombreuses confusions autour de la réforme sucrière sont
l’illustration même d’un manque de dialogue entre les deux
partenaires sociaux.
Les sucriers dénoncent depuis
quelque temps la démarche de l’état d’imposer de nouvelles
conditions pour autoriser la poursuite de la centralisation
dans le secteur. Le gouvernement exige, en effet, 1 500 à 2
000 arpents de terre des compagnies sucrières avant de donner
son aval pour la fermeture de trois usines : Riche-en-Eau,
Mon-Trésor et Mon-Loisir.
Une décision finale sur
l’octroi des terres doit être prise au plus tard le 31 mai.
Sinon, l’autorisation de fermeture du gouvernement deviendra
caduque. Or, les sucriers attendent toujours une réponse du
ministère de l’Agro-industrie sur leur demande de précision
quant à cette cession de terres.
La participation de
l’industrie sucrière dans la production d’énergie et le
financement du plan de retraite volontaire dans le secteur
sont d’autres dossiers en suspens faute de consultations
appropriées et de direction, estiment les sucriers.
Politique des prix
La politique des
prix administrés a également été une source de tensions. Les
industries manufacturières et de distribution qui desservent
le marché domestique et le ministère du Commerce se sont
souvent opposés sur la question. La manière dont cette
politique a été administrée a provoqué de gros bouleversements
dans plusieurs marchés dont celui du lait, du ciment et du fer
de construction.
Le JEC a tenu le gouvernement
responsable de la fermeture de Desbro International qui était
le principal fabricant et fournisseur des barres de fer à
Maurice. Il accuse le ministère du Commerce d’avoir laissé
l’entreprise s’écrouler sous le poids des prix administrés en
lui refusant des hausses adéquates pour maintenir son activité
à flot.
Le business du lait, disent les opérateurs, a
aussi beaucoup souffert de la tentative du gouvernement
d’imposer une marge de profit sur le prix de vente.
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