Dimanche 13 mai 2007 - No. 16152

Consultez
Les archives
de l'express

Vous êtes ici: Accueil  > L'événement

l'express dimanche

L'événement

Faits et gestes

Opinion

Santé

Économie

Société

Couleur du jour

Les soirées d’expresso

On en parle

Dossier

Gens d’ici et d’ailleurs

Monde

Culture

Style de vie

Gastronomie

L’ oeil sur …

Horoscope

Sport

la sentinelle
L'événement



Les étapes d’une escalade


Un cafouillage révélateur

Durant la campagne électorale de 2005, les membres de l’Alliance sociale vendent l’ouverture de l’accès aérien comme l’une des mesures phares qui va permettre au secteur du tourisme de renouer avec des taux de croissance à deux chiffres. C’est donc avec de grandes espérances qu’on annonce la nomination de nouveaux transporteurs aériens sur Maurice, notamment en provenance de France.

Mais tout le monde ne veut pas aller à la même vitesse. Air Mauritius veut retarder l’ouverture, Xavier-Luc Duval, le ministre du Tourisme, veut aller vite. Tandis que Rama Sithanen, le ministre des Finances, hésite. Ces tergiversations ralentissent considérablement le processus. Au grand dam de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice, qui ne se prive pas pour dire toute sa frustration.

Corsair, le deuxième transporteur français ne sera nommé que quelques mois plus tard. Son premier vol sera effectué fin octobre 2006, après un an d’atermoiements.


Une tentation : tout contrôler

Rajesh Jeetah, le ministre du Commerce, est honni du secteur privé. Pendant ses premiers mois à la tête de son ministère, on voit surtout en lui un politique cherchant à se donner une image « sociale » auprès du grand public en s’attaquant à la hausse des prix. Mais cette posture cessera vite de susciter les railleries pour laisser la place à une profonde inquiétude chez les importateurs et les industriels locaux.

Jeetah s’intéresse beaucoup aux marges de profit sur plusieurs produits de grande consommation : médicaments, lait, ciment, fer. Il fait de la State Trading Corporation (STC) le bras armé de l’État envers tous les importateurs qui refusent de revoir leurs marges ou qui exigent des augmentations de prix. C’est la STC qui importera si jamais les importateurs locaux rechignent à se plier aux exigences du ministère.

Cette politique causera de nombreux dégâts collatéraux. Certains importateurs de lait fermeront boutique, tandis que le lait Amul, trop cher et inadapté au goût des Mauriciens, devient un bide commercial pour la STC. Le ministre Jeetah entame une véritable croisade sur la question du contrôle des prix. Le secteur privé crie au scandale. Rama Sithanen demande que le Premier ministre arbitre. Mais Navin Ramgoolam n’en fera rien. Jeetah 1. Secteur privé 0.


Un coup de tonnerre prévisible

Quand Rama Sithanen propose sa démission au Premier ministre mi-février, une onde de consternation parcourt le secteur privé. Cédant à la tentation de personnaliser le débat, Jacques de Navacelle, le président du Joint Economic Council, n’hésite pas à qualifier cette démission de « catastrophe » pour le pays. Au sein du gouvernement, seuls Arvin Boolell, Xavier-Luc Duval et Rama Sithanen passent pour être à l’écoute du secteur privé.

Avec la démission de Sithanen, les décideurs économiques se préparent à perdre un ministre des Finances qui croit aux bienfaits du libéralisme. Et qui donc, reconnaît l’importance de leur contribution dans la croissance du pays. Sithanen reprend sa lettre de démission. Mais le secteur privé a déjà compris que le Premier ministre, comme pour la nomination du Gouverneur de la Banque de Maurice, pourrait encore le désavouer à l’avenir.


Une fermeture provoquée

Lorsque Desbro, le principal fournisseur du marché local en fer de construction, cesse définitivement sa production le 19 mars, le secteur privé accuse le coup. Les théories du complot fleurissent. Une aile est convaincue que tout a été fait pour bouter une entreprise hors du marché afin de faire de la place à une autre. Tandis qu’une autre aile voit là une volonté globale et délibérée, d’utiliser le contrôle des prix pour favoriser une catégorie d’entrepreneurs par rapport à une autre. L’annonce de la libéralisation des prix des barres de fer, trois jours après la fermeture de Desbro, est perçue comme une véritable déclaration de guerre par le secteur privé.


De vieilles rancœurs ravivées

Le terme « barons sucriers » revient à la mode en ce début d’année. Il est régulièrement manié par les députés et ministres de la majorité lors du vote du Sugar Industry Efficiency Act. L’industrie sucrière, qui croyait avoir négocié les conditions de sa restructuration et de sa diversification, découvre que le gouvernement pourrait infléchir sa politique de génération d’énergie. Tout en demandant au secteur sucre de mettre à sa disposition 1 500 à 2 000 arpents pour la mise en place de projets d’intégration sociale. Parallèlement, l’industrie sucrière apprend qu’elle recevra probablement une part amoindrie des mesures d’accompagnement de l’Union européenne dans le cadre de la réduction du prix garanti de notre sucre en Europe. L’inquiétude est déjà à son comble dans l’industrie quand le gouvernement annonce, le 20 avril, que la semaine de 40 heures y sera désormais applicable. Alors même que l’applicabilité de cette mesure était déjà contestée par l’industrie devant le Tribunal d’arbitrage permanent.




L’instauration de la semaine de 40 heures dans l’industrie sucrière a été décriée par le secteur privé.
L’instauration de la semaine de 40 heures dans l’industrie sucrière a été décriée par le secteur privé.

SECTEUR PRIVÉ:   La grosse colère

 

envoyer l'article

imprimer l'article

Notre Partenaire


Nous contacter
| Publicité | Abonnez-vous | Webmaster
© Copyright La Sentinelle
Designed and Hosted by Telecom Plus Ltd