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Un cafouillage
révélateur
Durant la campagne électorale de 2005,
les membres de l’Alliance sociale vendent l’ouverture de
l’accès aérien comme l’une des mesures phares qui va permettre
au secteur du tourisme de renouer avec des taux de croissance
à deux chiffres. C’est donc avec de grandes espérances qu’on
annonce la nomination de nouveaux transporteurs aériens sur
Maurice, notamment en provenance de France.
Mais tout
le monde ne veut pas aller à la même vitesse. Air Mauritius
veut retarder l’ouverture, Xavier-Luc Duval, le ministre du
Tourisme, veut aller vite. Tandis que Rama Sithanen, le
ministre des Finances, hésite. Ces tergiversations
ralentissent considérablement le processus. Au grand dam de
l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice,
qui ne se prive pas pour dire toute sa frustration.
Corsair, le deuxième transporteur français ne sera
nommé que quelques mois plus tard. Son premier vol sera
effectué fin octobre 2006, après un an d’atermoiements.
Une tentation : tout contrôler
Rajesh Jeetah, le ministre du Commerce, est honni
du secteur privé. Pendant ses premiers mois à la tête de son
ministère, on voit surtout en lui un politique cherchant à se
donner une image « sociale » auprès du grand public en
s’attaquant à la hausse des prix. Mais cette posture cessera
vite de susciter les railleries pour laisser la place à une
profonde inquiétude chez les importateurs et les industriels
locaux.
Jeetah s’intéresse beaucoup aux marges de
profit sur plusieurs produits de grande consommation :
médicaments, lait, ciment, fer. Il fait de la State Trading
Corporation (STC) le bras armé de l’État envers tous les
importateurs qui refusent de revoir leurs marges ou qui
exigent des augmentations de prix. C’est la STC qui importera
si jamais les importateurs locaux rechignent à se plier aux
exigences du ministère.
Cette politique causera de
nombreux dégâts collatéraux. Certains importateurs de lait
fermeront boutique, tandis que le lait Amul, trop cher et
inadapté au goût des Mauriciens, devient un bide commercial
pour la STC. Le ministre Jeetah entame une véritable croisade
sur la question du contrôle des prix. Le secteur privé crie au
scandale. Rama Sithanen demande que le Premier ministre
arbitre. Mais Navin Ramgoolam n’en fera rien. Jeetah 1.
Secteur privé 0.
Un coup de tonnerre
prévisible
Quand Rama Sithanen propose sa
démission au Premier ministre mi-février, une onde de
consternation parcourt le secteur privé. Cédant à la tentation
de personnaliser le débat, Jacques de Navacelle, le président
du Joint Economic Council, n’hésite pas à qualifier cette
démission de « catastrophe » pour le pays. Au sein du
gouvernement, seuls Arvin Boolell, Xavier-Luc Duval et Rama
Sithanen passent pour être à l’écoute du secteur privé.
Avec la démission de Sithanen, les décideurs
économiques se préparent à perdre un ministre des Finances qui
croit aux bienfaits du libéralisme. Et qui donc, reconnaît
l’importance de leur contribution dans la croissance du pays.
Sithanen reprend sa lettre de démission. Mais le secteur privé
a déjà compris que le Premier ministre, comme pour la
nomination du Gouverneur de la Banque de Maurice, pourrait
encore le désavouer à l’avenir.
Une fermeture
provoquée
Lorsque Desbro, le principal fournisseur
du marché local en fer de construction, cesse définitivement
sa production le 19 mars, le secteur privé accuse le coup. Les
théories du complot fleurissent. Une aile est convaincue que
tout a été fait pour bouter une entreprise hors du marché afin
de faire de la place à une autre. Tandis qu’une autre aile
voit là une volonté globale et délibérée, d’utiliser le
contrôle des prix pour favoriser une catégorie d’entrepreneurs
par rapport à une autre. L’annonce de la libéralisation des
prix des barres de fer, trois jours après la fermeture de
Desbro, est perçue comme une véritable déclaration de guerre
par le secteur privé.
De vieilles rancœurs
ravivées
Le terme « barons sucriers » revient à la
mode en ce début d’année. Il est régulièrement manié par les
députés et ministres de la majorité lors du vote du Sugar
Industry Efficiency Act. L’industrie sucrière, qui croyait
avoir négocié les conditions de sa restructuration et de sa
diversification, découvre que le gouvernement pourrait
infléchir sa politique de génération d’énergie. Tout en
demandant au secteur sucre de mettre à sa disposition 1 500 à
2 000 arpents pour la mise en place de projets d’intégration
sociale. Parallèlement, l’industrie sucrière apprend qu’elle
recevra probablement une part amoindrie des mesures
d’accompagnement de l’Union européenne dans le cadre de la
réduction du prix garanti de notre sucre en Europe.
L’inquiétude est déjà à son comble dans l’industrie quand le
gouvernement annonce, le 20 avril, que la semaine de 40 heures
y sera désormais applicable. Alors même que l’applicabilité de
cette mesure était déjà contestée par l’industrie devant le
Tribunal d’arbitrage permanent.
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| L’instauration de la semaine de 40 heures dans
l’industrie sucrière a été décriée par le secteur
privé. | |