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Les années 2000 à 2010 ont été une décennie
de réformes économiques dont le but était d’évoluer
d’une économie basée sur les préférences commerciales à
une économie basée sur des secteurs émergents.
La prochaine décennie devrait être une de
consolidation afin de jeter les bases pour un
développement durable avec comme objectif de doubler le
revenu par habitant. Le budget 2010, qui sera présenté
le 18 novembre prochain, doit initier les contours de
cet ambitieux projet.
Tel devrait être le principal objectif du prochain
exercice, selon un mémoire pré-budgétaire dévoilé lundi
par le Joint Economic Council.
Sur le plan opérationnel, les objectifs du budget
devraient être de compléter les programmes prévus sous
le «Additional stimulus package». Bien qu’il y ait
consensus sur la fin de la récession économique,
l’après-crise doit être gérée avec précaution. Toutes
les mesures prises et instruments compris dans le plan
de sauvetage doivent être maintenus, voire rehaussés,
jusqu’à ce que la croissance renoue avec son niveau
d’avant autour de 5%, préconise le JEC.
Ainsi, l’ASP contient des mesures pour assurer la
diversification de l’économie dans des domaines comme
les services de santé, l’industrie du savoir, la
plate-forme de pêche et l’industrie cannière. Les essais
cliniques, la formation médicale, l’industrie du savoir,
la consolidation du cadre réglementaire pour le
développement de la plate-forme de pêche et une
réduction de moitié du «sugar cess», sont autant de
mesures qu’identifie le JEC.
Toujours au chapitre du plan de soutien d’urgence, le
JEC estime que les petites et moyennes entreprises n’ont
pas vraiment bénéficié des différentes mesures pourtant
prises à leur intention. Cela n’a pas aussi bien marché
que pour les grandes entreprises en raison d’une
inadéquation structurelle des petites entreprises,
concède le JEC. L’approche conventionnelle des
institutions publiques a eu des résultats limités et il
faudrait tenter de trouver des relais indépendants qui
accompagneraient les PME et qui seraient jugés sur leurs
performances.
Le JEC trouve également urgent de débroussailler le
concept de «Maurice île Durable» afin de lui donner des
applications opérationnelles dans des domaines comme les
énergies renouvelables et le traitement des déchets,
notamment.
Ainsi, une des priorités serait d’établir un cadre
régulateur pour favoriser les investissements dans ces
domaines. Le Telecommunications Act de 1998 a créé le
cadre pour les investissements dans ce domaine. C’est ce
même type d’encadrement qui manque pour dégoupiller les
investissements dans les domaines écologiques tombant
sous le concept «Maurice île Durable».
Doubler le revenu par habitant implique également la
nécessité de rehausser le niveau des infrastructures
lourdes dans le transport routier, le transport
maritime, le transport aérien, les télécommunications et
l’eau.
Si Maurice a beaucoup progressé pour améliorer le
climat d’investissement, le manque de compétences très
qualifiées dans des domaines technologiques demeurent un
point faible. Et même dans le registre des compétences
intermédiaires, il y a un manque que les entreprises
sont obligées de combler en recourant à la main-d’œuvre
étrangère.
Maurice doit se lancer à fond dans l’éducation et la
formation et encourager des investissements privés dans
ces domaines. Les règlements et directives pour inciter
de telles initiatives sont déjà prêts et il faudrait
pouvoir les finaliser dans six mois au maximum, estime
le JEC.
La lutte contre la pauvreté figure aussi en bonne
place dans le mémoire pré-budgétaire du JEC.
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