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Longtemps souhaitée, la
libéralisation de la vente de la barre de fer de construction
est chose faite depuis samedi. Desbro International qui l’a
tant revendiquée, n’a pas eu la chance d’en profiter ayant
fermé ses portes quelques jours auparavant.
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| La
libéralisation de la vente de barres de fer a été
accueillie de façon mitigée de part et d’autre.
| Le secteur de la
commercialisation de barres de fer de construction n’a pas
fini d’enregistrer des remous. Sa situation a été caractérisée
par des appels à l’aide de Desbro International, principal
fournisseur sur le marché, pour une révision du prix, une
baisse de la taxe douanière et une dérégulation du prix de ce
produit.
Après une valse-hésitation, Desbro a fini par
jeter l’éponge le 26 mars. Dix jours après la fermeture de
Desbro, la baisse de la taxe douanière de même que l’abolition
du contrôle du prix de ce produit sont introduites. La
libéralisation de la vente de la barre de fer tant souhaitée,
a été conçue dans la douleur.
Cette décision, à
quelques exceptions près, a été accueillie de façon mitigée.
Jean-Philippe Couve de Murville, directeur exécutif du groupe
Cerena dont fait partie Desbro, a refusé de la commenter. « Je
ne vais pas faire de commentaire à ce stade. »
La colèreest palpable
La colère
dans les milieux proches de Desbro est palpable. Et pour
cause. L’introduction de ces mesures coïncide avec la reprise
des activités de Desbro par Murray & Roberts. Basée en
Afrique du Sud, cette société opérait jusqu’ici par le biais
de Misco, dont elle partage l’actionnariat avec la société Lam
Po Tang. Misco est une compagnie importatrice.
La
reprise des activités de Desbro permet à Murray & Roberts
d’avoir une assise à Maurice conformément aux objectifs
définis dans le rapport 2006.
« Our steel business is
expected to generate significant additional growth for its
expansion plan in the Middle East and the Indian Ocean
Islands. » Murray & Roberts est la seule société
sud-africaine à opérer dans ce secteur et à exporter ses
produits.
Ce qui permet de supposer qu’il y a une
forte probabilité qu’elle privilégie l’importation plutôt que
l’administration d’une unité de fabrication de barres de fer.
L’émergence de Murray & Roberts suscite des
interrogations. Lors d’une conférence de presse samedi, Paul
Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien a qualifié
d’inhumain la façon dont le gouvernement a, selon lui, livré
tout un secteur de l’économie mauricienne à un monopole
étranger.
Il trouve scandaleuse la façon dont Desbro a
dû fermer ses portes.
« Une commission
d’enquête s’impose »
Pravind Jugnauth, leader du
Mouvement socialiste militant a exprimé sa colère du fait que
le gouvernement a permis qu’une compagnie étrangère occupe une
position de monopole à Maurice. « Une commission d’enquête
s’impose », a-t-il déclaré.
Invité à expliquer
pourquoi ces mesures ont été initiées maintenant, Rajesh
Jeetah a fait dire par le biais de son attaché de presse,
Soondress Cadervaloo qu’il ne souhaite pas faire de
déclaration et qu’il va rencontrer la presse cette semaine.
Lindsay PROSPER
RÉACTIONS
Jacques de Navacelle, président du « Joint Economic
Council »
« C’est très ennuyeux qu’on libéralise
les prix maintenant alors qu’on a refusé des demandes
d’augmentation de prix de Desbro pendant plusieurs mois. C’est
ce qui a provoqué sa fermeture. Si cette décision avait été
prise plus tôt, Desbro aurait survécu. C’est à se demander si
le gouvernement n’avait pas pour objectif de faire fermer
cette entreprise. La libéralisation, toutefois, reste une
bonne chose, car elle apporte plus de concurrence. Dans un
premier temps, avec les opérateurs existants, nous allons
peut-être avoir des hausses de prix, mais avec la concurrence
les prix vont baisser. »
Rajiv
Gowressoo, « General Manager » de Samlo
«
J’accueille favorablement la décision du gouvernement de
baisser la taxe douanière et de libéraliser le prix de vente
de ce produit. L’émergence de ce nouvel environnement ne
devrait pas donner lieu à une compétition sauvage. Ceux qui
ont les moyens pour s’affirmer sur ce marché ne devraient pas
le faire au détriment des opérateurs moins puissants. Il est
nécessaire qu’il y ait une sorte de mécanisme non pas pour
contrôler les opérations, mais pour veiller que les prix sont
justes.
Ashok Subron, négociateur de la « Steel
Rolling Workers’Union »
« Avec la globalisation,
toute une série d’entreprises de substitution sont menacées de
disparition. Dans ce genre d’opération, ce sont les
travailleurs qui paient les pots cassés. La solution aurait
été un rachat de la moitié des actions de Desbro par des
sociétés privées appartenant à l’État. Dans l’intérêt des
consommateurs et des travailleurs, le contrôle des prix des
produits essentiels doit être maintenu. Ce sont les dinosaures
et les rapaces qui tirent le plus de profit. Il faut prendre
garde. Le risque d’invasion de notre réseau commercial et de
la formation de cartel pour le contrôle du réseau de
distribution des produits de consommation est réel. »
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