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| Jacques de Navacelle : "La réforme enclenchée doit
continuer" |
| Sedley Assonne |
| Port-Louis, 15 février |
| Tout en se montrant prudent
dans leurs propos, attendant vraisemblablement la suite des
évènements, après la démission annoncée du ministre des Finances,
Jacques de Navacelle et Raj Makoond ont été plus volubiles quant à
la question de continuité dans les réformes enclenchées par le
gouvernement. "Dès la présentation du budget de l'année dernière,
nous avions soutenu le projet de réforme proposé par le ministre des
Finances. Tout en précisant que la démission de Rama Sithanen nous
préoccupe, nous souhaitons que les réformes courageuses qu'ils a
entreprises soient maintenues". Tous deux rappellent que "le JEC
s'était félicitée des orientations du dernier budget, qui devaient
être étalées sur plusieurs années, et qui reprenaient l'essentiel de
nos recommandations. Ces réformes arrivent à un moment difficile
pour le pays, et pour toute la population, de même que pour les
entreprises, mais elles sont nécessaires. Et nous pensons que pour
que ces réformes puissent être réalisées, il est absolument
indispensable que le ministère des Finances soit au coeur de toute
la politique gouvernementale. Remettre en question cela, c'est
déstabiliser tout ce qui est central au projet de réforme et c'est
cela qui nous préoccupe". Jacques de Navacelle et Raj Makoond,
réunissant la presse à la Plantation House jeudi, n'ont cependant
pas voulu se prononcer sur les développements politiques autour de
la démission de Rama Sithanen, se contentant de dire que "nul n'est
indispensbale". De ce fait, au Matinal qui lui demandait s'il
souhaitait un retour aux affaires du ministre des Finances après sa
rencontre prévue avec le Premier ministre, Jacques de Navacelle a
refusé d'y répondre. "Je ne peux faire de déclaration à ce sujet".
Mais, pour lui, "la question de continuité est vitale pour le
ministère des Finances. Quelle que soit la personne qui est à la
tête de ce ministère". Et de saluer l'engagement personnel de Rama
Sithanen, "l'énergie déployée par lui et son équipe pour mener à
bien les réformes". "Nous ne pouvons que souhaiter que son
successeur aille dans la même direction", devait-il ajouter. Car
l'objectif commun de ces réformes, rappelle-t-il, "ce n'est pas de
faire plaisir au secteur privé, mais pour partager, et résoudre les
problèmes de la population". Raj Makoond insistera lui aussi sur le
caractère "important de ces réformes, dans tous les domaines : les
infrastructures, le Business Facilitation, les lois du travail et le
transport, entre autres. Il y a d'ailleurs eu un début de croissance
de 9,3 % et le 'timing' de la mise en place de ces réformes doit
continuer à se faire. Car Maurice fait partie de ce monde global,
inscrit dans une nouvelle économie émergente. Il y a un calendrier
précis à respecter si on veut repositionner Maurice, si on veut
avoir une croissance. Nous sommes conscients des difficultés, mais
c'est un modèle 'achievable'". Il s'appesantira sur "la nécessité
de réussir cette transition pour le pays. C'est pour cela que nous
insistons pour que, quel que soit le ministre des Finances, qu'on
l'apprécie ou pas, la continuité prime dans les réformes
enclenchées". Préférant s'en tenir "à ce qu'a déclaré M. Sithanen à
sa conférence de presse", Jacques de Navacelle et Raj Makoond disent
ignorer "les vraies raisons de sa démission. Et concernant le
nouveau gouverneur de la Banque de Maurice, nous nous en tenons à la
question de 'policy' du gouvernement. Nous restons professionnels à
ce sujet". En conclusion, Jacques de Navacelle et Raj Makoond
partagent leurs inquiétudes sur des échéances à court terme qui
concernent le pays, dont les financements par l'Union européenne.
"Nous ne devons pas rater ces rendez-vous importants. D'où
l'importance de ne pas remettre en question les réformes
économiques. Ces réformes sont pénibles pour tout le monde, mais
elles sont nécessaires et elles porteront leurs fruits plus tard.
Rien ne doit être entrepris pour les mettre en
péril".
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