Vendredi, 16 février 2007


Il n’y a pas d'homme plus malheureux que celui chez qui n’est habituelle que l’indécision.

- William James  

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Jacques de Navacelle : "La réforme enclenchée doit continuer"
Sedley Assonne
Port-Louis, 15 février
Raj Makoond et Jacques de Navacelle ont préféré ne pas commenter l'annonce de la démission de Rama Sithanen, du moins sur le plan politique.
Tout en se montrant prudent dans leurs propos, attendant vraisemblablement la suite des évènements, après la démission annoncée du ministre des Finances, Jacques de Navacelle et Raj Makoond ont été plus volubiles quant à la question de continuité dans les réformes enclenchées par le gouvernement. "Dès la présentation du budget de l'année dernière, nous avions soutenu le projet de réforme proposé par le ministre des Finances. Tout en précisant que la démission de Rama Sithanen nous préoccupe, nous souhaitons que les réformes courageuses qu'ils a entreprises soient maintenues".
Tous deux rappellent que "le JEC s'était félicitée des orientations du dernier budget, qui devaient être étalées sur plusieurs années, et qui reprenaient l'essentiel de nos recommandations. Ces réformes arrivent à un moment difficile pour le pays, et pour toute la population, de même que pour les entreprises, mais elles sont nécessaires. Et nous pensons que pour que ces réformes puissent être réalisées, il est absolument indispensable que le ministère des Finances soit au coeur de toute la politique gouvernementale. Remettre en question cela, c'est déstabiliser tout ce qui est central au projet de réforme et c'est cela qui nous préoccupe".
Jacques de Navacelle et Raj Makoond, réunissant la presse à la Plantation House jeudi, n'ont cependant pas voulu se prononcer sur les développements politiques autour de la démission de Rama Sithanen, se contentant de dire que "nul n'est indispensbale". De ce fait, au Matinal qui lui demandait s'il souhaitait un retour aux affaires du ministre des Finances après sa rencontre prévue avec le Premier ministre, Jacques de Navacelle a refusé d'y répondre. "Je ne peux faire de déclaration à ce sujet". Mais, pour lui, "la question de continuité est vitale pour le ministère des Finances. Quelle que soit la personne qui est à la tête de ce ministère". Et de saluer l'engagement personnel de Rama Sithanen, "l'énergie déployée par lui et son équipe pour mener à bien les réformes". "Nous ne pouvons que souhaiter que son successeur aille dans la même direction", devait-il ajouter.
Car l'objectif commun de ces réformes, rappelle-t-il, "ce n'est pas de faire plaisir au secteur privé, mais pour partager, et résoudre les problèmes de la population". Raj Makoond insistera lui aussi sur le caractère "important de ces réformes, dans tous les domaines : les infrastructures, le Business Facilitation, les lois du travail et le transport, entre autres. Il y a d'ailleurs eu un début de croissance de 9,3 % et le 'timing' de la mise en place de ces réformes doit continuer à se faire. Car Maurice fait partie de ce monde global, inscrit dans une nouvelle économie émergente. Il y a un calendrier précis à respecter si on veut repositionner Maurice, si on veut avoir une croissance. Nous sommes conscients des difficultés, mais c'est un modèle 'achievable'".
Il s'appesantira sur "la nécessité de réussir cette transition pour le pays. C'est pour cela que nous insistons pour que, quel que soit le ministre des Finances, qu'on l'apprécie ou pas, la continuité prime dans les réformes enclenchées". Préférant s'en tenir "à ce qu'a déclaré M. Sithanen à sa conférence de presse", Jacques de Navacelle et Raj Makoond disent ignorer "les vraies raisons de sa démission. Et concernant le nouveau gouverneur de la Banque de Maurice, nous nous en tenons à la question de 'policy' du gouvernement. Nous restons professionnels à ce sujet".
En conclusion, Jacques de Navacelle et Raj Makoond partagent leurs inquiétudes sur des échéances à court terme qui concernent le pays, dont les financements par l'Union européenne. "Nous ne devons pas rater ces rendez-vous importants. D'où l'importance de ne pas remettre en question les réformes économiques. Ces réformes sont pénibles pour tout le monde, mais elles sont nécessaires et elles porteront leurs fruits plus tard. Rien ne doit être entrepris pour les mettre en péril".