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Interview: Numéro 942 du 09 Juin 2008
Gérard Garrioch
 Gérard Garrioch
Pourquoi je dis non à un PRB pour le secteur privé
«Avec le rapport PRB, il y aura certainement un effet d’entraînement pour certaines compétences»
«Il y a beaucoup de Chief Executive Officers (CEO) du secteur privé qui touchent un salaire de Rs150 000 et même plus»
Analyse du budget Sithanen, réaction face à l’augmentation des salaires des fonctionnaires, déséquilibre entre les salaires dans les secteurs public et privé, discrimination entre deux catégories d’employés : c’est sur ces thèmes que nous avons interrogé le président du Joint Economic Council (JEC).

Q : Quel regard portez-vous sur le budget 2008-2009 ? R : Le budget se situe dans la continuité qui prône l’ouverture de l’économie et une vitalité correcte, surtout concernant l’intensification de la business facilitation. C’est une chose que nous accueillons avec plaisir. L’autre volet du budget est un volet social. Nous avons noté avec beaucoup de satisfaction le projet pour l’eradication of absolute poverty qui nous tient à cœur au JEC. Q : Comment réagissez-vous à l’analyse de Lalit qui estime que l’État brade le pays au secteur privé ? R : Des phrases comme celles-là sont un petit peu excessives. Je crois que l’État s’est engagé sur un chemin de réforme pour créer la richesse nationale. La seule façon de le faire est de promouvoir l’investissement, récompenser l’effort et créer l’emploi. C’est exactement ce qui s’est passé ces deux dernières années. La croissance a dépassé les 6 % et je crois que l’année prochaine on prévoit dans les 6,2 %. L’unemployment rate a baissé d’environ 2 %. Je crois que cela indique qu’on est sur le bon chemin. Concernant le déficit budgétaire, nous sommes soulagés de constater que la tendance à la baisse va continuer. Le ministre annonce 3,8 cette année-ci et il prévoit 3,3 l’année prochaine. Q : Quels sont les points faibles que vous notez de ce budget ? R : Le point inquiétant est une libéralisation accélérée des produits importés. C’est-à-dire une baisse des droits de douane sur les produits importés qui sont l’équivalent des produits fabriqués à Maurice. Là, il y a danger pour l’industrie locale. C’est sûr que le ministre prévoit une série de mesures d’accompagnement. Il a parlé d’un fonds de Rs 500 millions pour aider l’industrie locale à faire face à cette compétition, mais c’est encore un peu flou : comment les Rs 500 millions seront allouées, à qui, etc. Q : Venons-en au rapport du PRB. L’augmentation des salaires des fonctionnaires est ressentie comme une injustice par les travailleurs du secteur privé. Etes-vous d’accord pour un PRB au secteur privé ? R : Je ne suis pas d’accord. Les conditions ne sont pas les mêmes. Une entreprise doit générer des revenus pour faire face à ses dépenses. Une entreprise privée est tout le temps en train de générer plus de valeur ajoutée pour générer ses salaires et payer ses actionnaires. Le PRB est un exercice qui se passe chaque cinq ans. Pendant cinq ans, les employés du secteur public n’ont simplement que la compensation décrétée au mois de mai-juin. Q : Trouvez-vous normal que les travailleurs du secteur privé doivent se contenter d’une augmentation se situant entre Rs 283 et Rs 400 alors que leurs collègues du secteur public bénéficient d’une augmentation de 37 % ? R : Si on prend 37 % et l’on y ajoute les compensations du National Pay Council (NPC) des cinq dernières années, on arrive à une moyenne de 60 % à 65 %. Si l’on divise ce chiffre par 5, l’on arrive à 12 %. Or, la moyenne d’augmentation se situe aux alentours de 10 %. Bien sûr il y a des entreprises où cela se situe bien au-dessus et il y en a d’autres où c’est en dessous parce que celles-ci sont en difficulté. Le secteur est concurrentiel, chacun fait ce qu’il peut. Et il n’y a pas que le salaire de base. Bien souvent, on ne regarde que ce critère. Il y a plein de moyens pour rémunérer un employé : participation aux profits, bonus scheme, bonus de production, etc. Tout ça fait partie du package total. Q : On note désormais qu’il y a un déséquilibre entre les salaires et que le secteur public offre plus que le secteur privé… R : Il y a cette impression parce qu’on a tout donné d’un coup. Il y a aussi le fait qu’il y avait un décalage sérieux entre le secteur privé et le secteur public. Le niveau des salaires est plus élevé dans le secteur privé que dans le secteur public. Tout le monde fait référence au salaire du chef juge qui passe de Rs 90 000 à Rs 150 000. Mon impression est que c’était long overdue. Le chef juge est l’instance judiciaire la plus haute du pays. Il y a beaucoup de Chief Executive Officers (CEO) du secteur privé qui touchent un salaire de Rs150 000 et même plus. Je trouve donc nécessaire que les employés de la fonction publique aient un salaire décent parce qu’on a besoin d’eux pour faire avancer le pays. Que ce soit dans le privé ou dans le public, on a besoin de gens compétents. S’il y a un gros déséquilibre entre les deux – je parle du middle management et du senior management – il y aura un brain drain dans un sens. Il y a eu un brain drain du public vers le privé pendant des années. C’est une bonne chose de revaloriser les postes dans le secteur public parce qu’avec les défis auxquels on doit faire face, il faut à tout prix que le secteur privé ait des vis-à-vis, dans le secteur public, compétents, bien payés, productifs et heureux de faire leur job. Q : L’on estime qu’avec ce nouveau rapport, il y a une discrimination entre deux catégories d’employés dans le pays… R : Il y a toujours eu deux catégories d’employés. Comparons ce qui est comparable. Un employé du secteur public ne peut être comparé à un employé du secteur privé. L’un a un job pratiquement à vie, l’autre a un travail qui dépend des forces du marché. Il y a un élément de risque qui est plus important dans le privé que dans le public. Q : Le front travayer secker prive réclame un mécanisme salarial pour les secteurs public et privé dans le but de déterminer un salaire minimum social. Qu’en pensez-vous ? R : Est-ce qu’il faut un mécanisme identique pour le privé comme pour le public ? Non, car ce sont des secteurs bien séparés avec leurs spécificités propres. Nous nous sommes toujours battus pour avoir ce qu’on appelle le collective bargaining, c’est-à-dire permettre aux employés de discuter avec leurs employeurs et d’obtenir une compensation salariale et un package de benefits attrayants. La Mauritius Employers’ Federation (MEF) crie depuis longtemps que chaque secteur a sa spécificité. Dépendant de la réussite, un secteur peut payer plus alors que celui en difficulté paie moins. Il faut cette flexibilité-là. Je pense que les employés obtiennent un meilleur deal en négociant d’une manière sectorielle au lieu que les autorités imposent un seuil national obligatoire. Q : Est-ce que la publication de ce rapport peut inciter les employeurs du secteur privé à revoir leurs grilles salariales ? R : Le secteur privé est régi par un autre organisme qui s’appelle le National Remuneration Board (NRB) et sort les grilles salariales. Souvent, on brandit le minimum comme étant la valeur absolue. Mais souvent, le secteur privé paye beaucoup plus que le minimum. Quels sont les secteurs qui sont en train de marcher à Maurice ? Le tourisme, la construction, le secteur financier, le secteur informatique. Aujourd’hui, on est en train d’aller chercher les informaticiens en Ouganda. Pensez-vous que l’informaticien mauricien est mal payé ? Moi, je ne le pense pas. C’est la loi du marché. On est dans un secteur régi par les lois du marché. On ne peut pas aller contre, sinon on fait faillite. C’est la hantise de tout entrepreneur. On est obligé d’agir en responsable. Avec le rapport PRB, il y aura certainement un effet d’entraînement pour certaines compétences. Par exemple, si le public et le privé sont en compétition pour les compétences d’un comptable ou d’un informaticien, c’est sûr que suite au rapport du PRB, si le salaire monte dans la fonction publique, le privé sera obligé de s’aligner. Autrement dit, il n’y a pas d’obligation pour le privé de suivre le PRB.

 
Par Michaëlla Seblin
 
 
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Eh bien, sculptez maintenant !
Le thème : Humanity’s Struggle : Moving Towards Harmony. Le 22 mai dernier, Immedia a procédé à la remise des prix aux lauréats de ce concours de sculpture au Caudan Waterfront. Et, bien sûr, les œuvres primées y étaient exposées.
Nirmal Hurry, le gagnant du Grand Prix de Sculpture, en compagnie de Rama Poonoosamy et Mala Chummun Ramyead, également membre du jury.
Darma Mootien, Communication Manager de Immedia, et Véronique Mongelard, Managing Director de Otayo.
Darmaraja Sooranna, Nirvana Budhai et Rajkumar Kaneeram qui ont participé au concours.
Vino Sookloll, directeur de Cread, Patrick Athaw, chorégraphe, et Patrick Pongahet, scénographe.
Yoosoof Elahee, humoriste, Meera Vayapooree, cadre de l’ICTA, et Kamini Bubooa, Agency Manager de Immedia.
Ena Carstens, présidente du jury et Rama Poonoosamy, directeur de Immedia, entourés de Krishna Lutchmun, Dhyaneswar Dausoa et Khalid Nazroo, membres du jury.

 

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