Télécommunications
Le secteur privé : " Que Maurice soit reliée directement à EASSy "
Le directeur du JEC, Raj Makoond, en compagnie de Jacques de Navacelle et de Arif Currimjee. M. de Navacelle a été élu à la présidence du JEC hier. Il succède à Arif Currimjee
Le secteur privé souhaite que Maurice soit reliée directement au Eastern Africa Submarine Cable System (EASSy). " Nous devons être connectés à un second câble sous-marin ", a déclaré au Mauricien, le directeur du Joint Economic Council (JEC), Raj Makoond. Ce dernier estime que la connexion par le seul biais du câble sous-marin South Africa and Far East (SAFE) avec la communication satellitaire comme seul back-up n'est pas " motivant ".
Le directeur du Joint Economic Council propose, dans un aide-mémoire diffusé cette semaine, la mise en place d'un consortium - avec comme actionnaires le gouvernement, les opérateurs privés fiables, dont Mauritius Telecom, et, si possible, des investisseurs étrangers - qui serait propriétaire et gestionnaire de EASSy. " Plusieurs opérateurs privés ont manifesté leur intérêt pour investir dans EASSy ", indique M. Makoond.
Au moins 27 entreprises, dont des entreprises d'Etat d'Afrique, ainsi que British Telecom et France Telecom, se sont engagées à investir dans un système de câble sous-marin.
Le système de câble sous-marin de l'Afrique de l'Est (EASSy), de plus de 8 000 km de long, permettra à 15 pays de la côte est d'Afrique d'accéder à des services Internet et de télécommunications moins chers et plus efficaces. EASSy est né de la collaboration entre toutes les entreprises d'Etat et quelques entreprises privées de la région, dont le Kenya, l'Ouganda, le Botswana, Madagascar, le Soudan, la Tanzanie, l'Afrique du Sud et le Burundi.
Le câble sera relié à différents réseaux terrestres nationaux, notamment à Durban, Afrique du Sud ; à Port Soudan, Soudan ; à Maputo, Mozambique ; à Toliary, Madagascar ; à Dar es Salaam et Zanzibar, en Tanzanie ; à Mombasa, Kenya et à Djibouti. Des points de liaison permettront également à des pays enclavés tels que l'Ouganda, le Burundi et le Botswana d'accéder au système.
" Major deterrent "
Le système, au coût d'US $ 200 millions, permettra une grande amélioration des services de télécommunications pour de nombreux pays africains, qui doivent actuellement transmettre leurs appels vers d'autres parties de l'Afrique par satellite en passant par l'Europe. Le câble, qui se trouvera au fond de la mer, est composé de fibres optiques qui transmettent les informations sous forme d'impulsions lumineuses. En termes de vitesse, de coût, d'efficacité et de volume, la fibre optique est supérieure à toute autre technologie, y compris le satellite. Mauritius Telecom se propose de connecter Maurice à EASSy par le biais du système SAFE.
Dans son aide-mémoire, le JEC soutient que si Maurice veut se positionner comme une destination attractive pour les compagnies internationales " to provide for 24 x 7 real time voice based call centre services ", elle devra impérativement " ensure continuous telecoms availability, and as such, a downtime of 0,1% is not acceptable ". " Accordingly, one submarine fiber optic (SAFE) with satellite communication as the only back-up to the outside world would be a major deterrent. "
" La possibilité pour les compagnies de conclure des accords avec plus d'un opérateur de télécommunication pour assurer un back-up n'existe pas en ce moment à Maurice ", poursuit le JEC. Qui soutient également que malgré la libéralisation du secteur des télécommunications en novembre 2002, les tarifs proposés par les opérateurs ne sont toujours pas compétitifs en raison d'une situation de monopole par SAFE.
" Mauritius needs a connectivity to a second submarine fibre optic cable namely EASSy. This will be a critical and fruitful long term investment, in line with ICT long term objectives of Mauritius ", soutient le JEC.
Les moteurs de l'Industrie des technologies de l'information et des télécommunications sont l'offre et la compétition et à ce niveau, précise le JEC, l'environnement de l'industrie du TIC a changé de manière dramatique par rapport à la situation prévalant en 1990 lorsque Maurice a pris la décision de se connecter à SAFE.
Dans le but de rendre la connectivité avec EASSy significatif, Maurice doit multiplier les efforts pour offrir aux compagnies un fibre optic cable back-up séparé de SAFE. De plus il s'agira également de s'assurer que la " ownership structure " de EASSy permet d'introduire une compétition réelle dans le secteur des télécommunications.
C'est la raison pour laquelle le secteur privé estime que la connexion à EASSy par le biais du SAFE ne va nullement résoudre les problèmes actuels. D'où la proposition de création d'un consortium qui posséderait et gérerait EASSy.