Rencontre gm/secteur privé
Nécessité d'une croissance économique supérieure à 5 %
Gouvernement et secteur privé ont souligné, samedi, à l'occasion de la rencontre organisée tous les deux mois pour passer en revue la situation économique, la nécessité pour le pays d'avoir une croissance supérieure à 5 %, de manière à suivre le rythme du développement enregistré dans les autres pays en développement. Le Premier ministre, Paul Bérenger, a, lors du point de presse tenu à l'issue de la réunion, insisté sur la nécessité pour le Board of Investment d'être plus proactif afin de faire avancer les dossiers des investisseurs. Il a, par la même occasion, critiqué certaines personnes dans l'Opposition qui s'évertueraient à " mettre les bâtons dans les roues des projets d'investissement ". Le PM a souhaité davantage de coopération entre les ministres et les institutions concernées par les projets d'investissement dans le pays. Ariff Currimjee, président du Joint Economic Council (Joint Economic Council), a, pour sa part, souligné la nécessité de créer une plate-forme de mesures régulatrices et fiscales plus compétitives et applicables à un large éventail de secteurs.
Passant en revue la situation économique, le Premier ministre, Paul Bérenger, a déclaré que " l'économie a été remise sur les rails, mais, il y a des dangers qui viennent de l'extérieur ". Il a cité notamment les prix des produits pétroliers, la compétition sur le marché international de textile, ainsi que les menaces qui pèsent sur le secteur touristique sur le plan international. " Il n'y a aucune contradiction entre la reconnaissance de la bonne performance économique sur le plan local et la constatation que des dangers venant de l'extérieur menacent notre économie ", a-t-il insisté.
Il a observé que la croissance économique sera de l'ordre de 4,5 ou 4,6 % cette année mais que les économistes, dont le Chief Economist de la MCB, prévoit une croissance de 5 % pour l'année prochaine. Il a insisté toutefois sur la nécessité d'une croissance supérieure à 5 % : " Nous sommes d'accord qu'il faut faire le nécessaire pour que la croissance soit au-dessus de 5 %. De plus, c'est le secteur des services qui sera de plus en plus le moteur de la création d'emplois à l'avenir ", a dit le PM.
Le Premier ministre a constaté que l'investissement privé est en hausse. Elle a atteint 61 % cette année et doit atteindre 65 %, l'année prochaine. Les investissements directs étrangers sont également en progression et sont estimés à Rs1,5 milliard pour les huit premiers mois de l'année. Le marché boursier est en progression. Le déficit budgétaire est estimé à 5,4 %. L'objectif pour l'année prochaine est de 5 %. Les reserves en devises étrangères sont actuellement estimées à Rs 5 milliards. L'inflation est sous contrôle et il s'agit, dit M. Bérenger, de veiller à ce qu'elle ne dépasse pas la barre psychologique de 5 %.
Concernant le taux du chômage, le Premier ministre a annoncé qu'une réunion de travail sera organisée avec le Bureau central des Statistiques afin d'éviter les confusions.
Sur le plan sectoriel, il a félicité le secteur privé et les syndicats pour le consensus développé autour des problèmes rencontrés par le secteur sucrier. " En même temps la réforme de l'industrie sucrière se poursuit dans le consensus ", a-t-il dit.
Soutien de l'Inde
Au chapitre du secteur manufacturier, le PM a observé que le secteur manufacturier non-Zone franche est en pleine croissance contrairement à la Zone franche qui, elle, a connu un recul de 1 %. Il a annoncé l'instutition d'un comité pour dégager un plan d'action pour ce secteur. Il s'agira d'écarter les dangers venant du COMESA et de la SADC et de donner un nouveau boost au secteur non-Zone franche ainsi qu'aux Petites et Moyennes entreprises. M. Bérenger a annoncé que le soutien de l'Inde sera sollicité. Le gouvernement profitera de la visite du Premier ministre indien dans l'île en décembre pour soumettre une demande en faveur d'une ligne de crédit pour ce secteur.
Concernant la zone franche, le Premier ministre s'est dit impressionné par le " fighting mood de la MEPZA ". " Les mesures prises en faveur de ce secteur portent leurs fruits et les commandes commencent à entrer. Nous ferons tout pour faire face aux problèmes existant dans la zone franche pour nous préparer à l'impact de l'abolition de l'Accord multifibre en janvier ", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a expliqué les circonstances dans lesquelles l'adoption du Miscellaneous Tarifs Bill américain, qui fait également provision pour l'octroi du 3rd country fabric à Maurice, a été retardée. Il a annoncé que le texte de loi devrait être adopté par le sénat américain le 16 novembre.
Concernant l'industrie touristique, le PM a estimé que l'optimisme est de mise et que les mesures prises (accès aérien, visas, marketing) portent leurs fruits.
Le PM a aussi parlé de succès rencontré par la cyber-cité et de la construction de deux nouvelles tours. Par ailleurs, des contacts sont actuellement pris avec l'Union européenne en vue de l'organisation d'une conférence sur " Making Mauritius a seafood hub ". Des dispositions légales en vue de faire de Maurice un knowledge hub sont à l'étude.
Le PM a aussi exprimé la volonté de faire de Maurice un High tech medical hub et de développer une industrie de l'environnement.
Perception v/s réalité
Paul Bérenger s'est montré très critique vis-à-vis de Transparency International, " financé en partie par le secteur privé ". " Je ne suis pas intéressé par la perception mais par la réalité des choses. La corruption a reculé à Maurice ", a-t-il dit. Il a estimé que " le genre de rapport produit par TI " constitue à " shoot ourself at our foot ". Il s'est finalement réjoui que le secteur privé soutient la candidature de Jayen Cuttaree au poste de directeur général de l'Organisation mondiale du Commerce.
Le VPM : un Plan d'Action 2005-2015 en préparation
Pour sa part, le vice-Premier ministre, Pravind Jugnauth, est revenu sur la performance économique du pays et a lui aussi constaté qu'elle est sur les rails. Il a qualifié l'octroi de 3rd Country fabric de " bouffée d'air frais ". Au sujet du secteur sucrier, il a fait mention d'un plan d'action pour la période 2005-2015 qui est en préparation. Le VPM s'est déclaré satisfait que les missions lobbying en Europe ont donné les résultats positifs.
Pravind Jugnauth a annoncé que les mesures fiscales réclamées par le secteur privé seront étudiées au niveau du High Level Facilitation Committee. Les investisseurs pourront bientôt utiliser l'internet pour soumettre leurs demandes de permis au BOI. Il a annoncé la présentation en première lecture du Private-Public Partnership Bill cette semaine. Le conseil d'administration du Mauritius Revenue Authoritiy (MRA) sera bientôt constitué et un accord signé avec les syndicats.
JEC : nouveaux secteurs et nouvelles compétences
Pour sa part, Ariff Currimjee, président du JEC, a insisté sur l'importance d'avoir une croissance économique de l'ordre de 7 % à 8 % pour assurer le développement soutenu du pays. Il a insisté sur l'importance du secteur des " services d'exportation ". M. Currimjee a fait ressortir que les nouveaux secteurs qui doivent être lancés à Maurice nécessitent également de nouvelles compétences dont le pays ne dispose pas et qu'il faudrait attirer. M. Currimjee ainsi que Raj Makoond, du JEC, ont beaucoup insisté sur le fait que l'environnement de l'investissement est alourdi par le fait qu'il est " over regulated ". Ils ont aussi réclamé des guideslines claires concernant les pouvoirs discrétionnaires au niveau gouvernemental et la création d'une plate-forme de mesures régulatrices et fiscales qui soient véritablement compétitives.