|
 Cette
semaine
|
|
 Services
|
|
|
 |
|
 |
 |
|
Article publié le Vendredi 3 mars
2006. |
|
 INDUSTRIE La
conjoncture favorable à l’essor du “seafood
hub”
|
|
La conférence sur le
“seafood” vise à étudier les opportunités de développementde
ce secteur à Maurice et de le situer sur la scène
internationale. Elle a débuté hier.
 |
| Julio Moron et Christopher Lischewski sont
intervenus pour parler du secteur. Ils sont en compagnie
de Raj Makoond du JEC (de g. à dr.)
| La croissance de la demande
mondiale de produits de mer ouvre des perspectives
encourageantes pour le seafood hub. Maurice a une carte à
jouer avec l’émergence d’une nouvelle configuration de
l’industrie mondiale de la pêche. La conférence internationale
sur le seafood hub qui s’est ouverte hier à l’hôlel Le
Labourdonnais à Port-Louis se penche sur les opportunités de
développement de ce créneau.
Le seafood hub, un
secteur à croissance rapide et gros générateur d’emplois, a
besoin des repères pour se positionner comme un pôle
industriel de classe internationale. Les quelque 200
participants à la réunion examinent les divers aspects
touchant à l’exploitation industrielle et commerciale des
produits de mer. L’investissement dans les activités de
transformation et de la logistique, le développement des
marchés, les politiques d’accompagnement, le cadre régulateur
et l’exploitation durable de l’activité de pêche font partie
des thèmes abordés.
Christopher Lischewski, le chief
executive officer (CEO) de Bumble Bee (le plus grand groupe
américain de produits de mer) et l’un des principaux
animateurs de la conférence, a fait un exposé sur les
tendances mondiales de la production et de la consommation de
poissons.
La production de poisson doit répondre à la
croissance démographique (une progression de 110 % entre 1960
et 2003) ainsi qu’à l’augmentation de la consommation par tête
d’habitant (70 % durant la période en question).
Les
prises de poissons en mer et l’expansion rapide de
l’aquaculture ont pu répondre à la croissance de la demande.
Toutefois, prévient l’expert, les choses seront plus
compliquées à l’avenir. La population mondiale va s’accroître
de 35 % d’ici 2025. La pression sur la production ira en
s’agrandissant. “Cela représente un énorme défi pour
l’industrie de la pêche. Les études scientifiques démontrent
que la plupart des principales réserves de poissons sont
surexploitées et que les prises actuelles sont projetées à
leur niveau maximal.”
L’aquaculture et les nouvelles
zones de pêche, notamment dans des régions relativement peu
exploitées comme l’océan Indien, apportent une solution à ce
problème. L’exploitation industrielle et commerciale des
ressources de la zone économique exclusive de Maurice peut
s’insérer dans cette optique.
Julio Moron, assistant
directeur d’Opagac, une société espagnole, a brossé un tableau
de la situation de la production de thon et des méthodes de
pêche industrielle dans l’océan Indien. Il explique les
nombreuses mesures prises pour mieux gérer les ressources dans
notre région.
Stratégie
Le seafood
hub, c’est un ensemble d’activités qui comprend les
équipements portuaires, les chambres froides, les usines de
transformation des produits de mer et l’aquaculture, entre
autres. A ce jour, 12 entreprises exportent vers l’Europe, les
Etats-Unis et le Japon. 75 % de nos exportations sont
expédiées vers les pays européens. Les produits concernés
incluent le thon, le poisson fumé et les filets de poisson
frais et congelé.
Selon Evert Liewes, managing
director de Princes Tuna (Mauritius), d’autres opportunités de
développement existent, notamment avec les espèces de poissons
tels le marlin, le thon albacore, l’espadon, ainsi que
plusieurs types de poisson tropicaux.
Evert Liewes a
expliqué à l’audience comment son entreprise a su mettre à
profit les avantages qu’offre Maurice dans la pêche
industrielle.
Positionner Maurice comme une
plate-forme de produits de la mer régionale et internationale
nécessite une stratégie pour mieux mettre en valeur les forces
du seafood hub. Daroomalingum Mauree, cadre scientifique au
ministère de l’Agro-industrie, a évoqué la nécessité de mieux
vendre Maurice comme un centre de transbordement des produits
marins afin d’attirer les investisseurs et trouver de nouveaux
marchés.
La conférence est organisée à l’initiative
conjointe du Board of Investment et du Joint Economic Council.
L’organisation bénéficie du soutien du Centre de développement
des entreprises de la Commission européenne.
DÉVELOPPEMENT
Pour une “blue industry” en parallèle avec la
canne
■ Développer une “blue industry” compétitive
à côté d’une “green industry” (une industrie de la canne).
Telle est l’ambition déclarée du gouvernement, par la voix du
vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen,
qui inaugurait la conférence.
Le gouvernement fonde de
grands espoirs sur ce créneau pour apporter plus de vitalité,
de résilience et de diversité à l’économie dans le court et
moyen terme tout en réabsorbant le chômage. “Nous avons
identifié certains nouveaux clusters et industries dont le
knowledge hub, les technologies de l’information et des
communications, l’industrie des loisirs, les activités
médicales et pharmaceutiques, la biotechnologie, et la land
based oceanic industry. Toutefois, nous avons fait des progrès
notables dans le seafood hub.” Le grand argentier rappelle les
nombreux atouts de Maurice dans ce domaine : une vaste zone
économique exclusive d’une superficie de 1,9 million de
kilomètres carrés, des infrastructures portuaires et
d’entreposage aux normes internationales, des facilités pour
la transformation et l’empaquetage des produits pour la
réexportation. Le port franc dispose en effet de chambres
froides pouvant accueillir jusqu’à 22 000 tonnes de
marchandises. Les plans d’encouragement offerts par le
gouvernement donneront une nouvelle impulsion à ce secteur à
forte intensité de main-d’œuvre, dit le ministre des Finances.
Le gouvernement s’attend à ce que cette industrie mobilise
quelque Rs 1,2 milliard pour les deux prochaines années. Ces
nouveaux investissements pourront doubler le nombre de jobs
dans cette activité à 10 000 et les recettes d’exportations
(de Rs 5 milliards à Rs 10 milliards) dans les prochaines
années. L’image de marque du pays compte beaucoup dans le
succès de nos produits dans les marchés d’exportation, en
Europe notamment. Rama Sithanen réitère la volonté du
gouvernement de combattre toute forme de pêche illégale et la
réexportation illégale de poissons vers l’Union européenne.
Son collègue, le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell,
met, lui, l’accent sur l’importance de préserver les accords
commerciaux préférentiels afin de maintenir la compétitivité
internationale de nos produits de mer. Il a énuméré les
nombreuses mesures de facilitation mises en place par son
ministère pour favoriser l’épanouissement des entrepreneurs
concernés.
|
|
|
|
Akilesh
ROOPUN
| |
 |
 | |
|
|