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News Economy |
Thursday,
October 28, 2004 |
Le gouvernement et le secteur privé
visent une croissance de plus de 5% en 2005 Posted on the Wednesday, October 27,
2004
L’économie mauricienne a été
remise sur les rails malgré les dangers extérieurs qui sont plus que
jamais menaçants, touchant le sucre et le tourisme en particulier.
Et le gouvernement se dit pleinement satisfait de cette performance
: les principaux indicateurs économiques démontrent une bonne
reprise de l’économie. Si le taux de croissance économique a été
révisé à la baisse, ce n’est que le résultat de conditions
climatiques défavorables ayant affecté la coupe de la canne.
Toutefois, le gouvernement vise une croissance de plus de 5% en 2005
et se dit être sur la même longueur d’onde que le secteur privé pour
atteindre ce chiffre.
La traditionnelle rencontre entre le
gouvernement et le secteur privé, samedi dernier, s’est voulue
optimiste. Le Premier ministre, M. Paul Bérenger, a dit son entière
satisfaction quant à la reprise de notre économie. Il a parlé de nos
réserves en devises étrangères qui, dit-il, sont “record high” et
des investissements directs étrangers, qui enregistrent “une
croissance remarquable” : de Rs 979 millions en 2002, ceux-ci sont
passés à Rs 1,9 milliard, l’année dernière, pour atteindre Rs 1,5
milliard pour les huit premiers mois de 2004. M. Bérenger a aussi
parlé de l’inflation qui, si elle a pu être maintenue à 3,9% en
2003, ne devrait pas dépasser la barre psychologique des 5% cette
année. Gouvernement et secteur privé travaillent de concert pour
éviter cette éventualité.
Le sucre a aussi été à l’agenda de
cette rencontre. Le Premier ministre estime que Maurice est à
l’avant-garde des pays ACP sur le plan international s’agissant du
lobbying sur cette question. Le pays peut être confiant dans la
mesure où le sucre sera une fois encore à l’ordre du jour d’une
réunion qui verra la participation des ministres de l’Agriculture
des pays ACP et des ministres de l’Agriculture et du Commerce de
l’Union européenne. C’est ce qu’a déclaré le vice-Premier ministre
et ministre des Finances, M. Pravind Jugnauth. Un atelier de travail
des pays ACP, organisé récemment à Bruxelles, a d’ailleurs permis à
ceux-ci de dégager des points qui ont été soumis à
l’UE.
Coup de main de l’Inde pour le secteur
non-EPZ
Le secteur non-EPZ retient aussi l’attention de
nos dirigeants. Si l’EPZ reculera de 1% cette année selon les
estimations, le secteur non-EPZ devrait, lui, enregistrer une
croissance de 5%. M. Jugnauth préside d’ailleurs un comité dont le
but est de dégager un plan d’action urgent pour ce secteur. M.
Bérenger a aussi parlé d’un coup de main de l’Inde. A ce sujet, une
nouvelle ligne de crédit indienne figurera à l’agenda des
discussions lors de la visite du Premier ministre de la Grande
Péninsule à Maurice, en décembre prochain.
Le Premier
ministre s’est dit, par ailleurs, heureux de constater que la MEPZA
est dans une “fighting mood”. Les commandes des Etats-Unis et de
l’UE sont là même si les prix sont difficiles. De plus, devait dire
M. Bérenger, le pays se prépare déjà à faire face au “full impact”
du démantèlement de l’accord Multifibre en janvier prochain. Sur le
chapitre du textile toujours, il a parlé de la dérogation du Third
Country Fabric. Il a précisé que Maurice figure dans un
Miscellaneous Tariff Bill qui sera vraisemblablement voté au Sénat
américain le 16 novembre prochain. Ce texte de loi inclut la
dérogation du Third Country Fabric dont Maurice va bénéficier sous
l’AGOA III. Cette dérogation, dira le chef du gouvernement, a poussé
les dirigeants de certaines usines de textile à revenir sur leur
décision de fermeture.
Le tourisme et l’ICT se portent bien.
Le Premier ministre s’est montré très optimiste quant à la
performance de ces deux secteurs. Pour soutenir ses arguments, il a
parlé des différents projets de la BPML, notamment la création d’un
deuxième bâtiment intelligent à Réduit (lire plus loin article sur
les projets de la BPML).
Par ailleurs, la transformation de
Maurice en “sea-food hub” est en bonne voie. Dans cette optique,
Maurice a relancé l’Union européenne pour l’organisation d’une
conférence régionale qui portera sur le sujet. M. Bérenger a aussi
passé en revue différents projets tels le “knowledge hub”, pour
lequel il y aura une révision des législations concernant les
universités privées, le “high-tech medical hub” et l’environnement,
où les initiatives prennent corps. Le Board of Investment devra
aussi jouer pleinement son rôle, dira le Premier ministre, afin de
‘booster’ le développement. Le gouvernement compte venir de l’avant
avec plusieurs mesures pour que le BOI puisse fonctionner plus
efficacement. La législation concernant cet organisme sera revue et
inclura des clauses pour augmenter le personnel,
notamment.
Le secteur privé attend un taux de croissance
avoisinant les 7%
M. Arif Currimjee, président du Joint
Economic Council dira, pour sa part, que le secteur privé ne
constate pas de gros changements au niveau des indicateurs
économiques. Il estime que le taux de croissance n’est pas suffisant
et dira qu’il faudra chercher un taux avoisinant les 7 - 8% par an.
M. Currimjee est d’avis qu’il est possible de revenir sur un fort
taux de croissance soutenue pour des secteurs en difficulté. Pour y
arriver, il est d’avis qu’il faut se concentrer sur plusieurs
secteurs tels l’ICT, l’éducation, la santé et le secteur des médias,
qui couvriront les faiblesses des secteurs en difficulté tels le
sucre et l’EPZ.
Se concentrer sur un secteur seul ne suffira
pas. Le président du JEC a parlé de la mise en place d’une
plate-forme générique qui soit la plus compétitive possible et sur
la nécessité d’attirer des compétences non disponibles à Maurice
pour lancer de nouveaux secteurs. Cette plate-forme doit être “low
tax”. Un groupe de travail a été mis en place dans ce sens par le
JEC pour voir comment développer ces nouvelles stratégies.
Le
secteur privé a aussi parlé de la situation d’“overregulation” à
laquelle le secteur privé doit faire face. Ce point a été bien noté
par le gouvernement qui dit prendre en considération ces doléances.
Le secteur privé a d’ailleurs fait des propositions au gouvernement
pour réduire au minimum l’espace discrétionnaire bureaucratique. Il
estime aussi qu’il faut plus de support institutionnel pour attirer
davantage d’investisseurs étrangers chez nous. Un troisième point du
JEC a porté sur l’investissement direct étranger (FDI). Il estime
que Maurice doit faire un effort pour attirer du FDI dans le plus
large éventail de secteurs possibles.
Le ministre des
Finances a aussi parlé des principaux indicateurs économiques et a
qualifié la performance de notre économie de “très, très honorable”.
Ainsi, il parlera du Port franc où les investissements étaient
chiffrés Rs 1,8 milliard pour la période juillet - septembre 2003 et
de Rs 2,3 milliards pour la période correspondante cette année. M.
Pravind Jugnauth se dit aussi très satisfait de la performance au
niveau budgétaire. Il a aussi parlé du Public Private Partnership
Bill présenté hier à l’Assemblée nationale.
La corruption a
été le point sensible de cette rencontre gouvernement - secteur
privé. Un rapport publié récemment par Transparency International,
qui fait état de la perception de la corruption dans
l’administration publique de certains pays, classe Maurice à la 54e
place sur un total de 146 pays. Ce rapport a provoqué un vif
mécontentement du chef du gouvernement, qui estime qu’il faut être
“de mauvaise foi” pour ne pas voir que la corruption a reculé dans
pays. Avec ce rapport, dira M. Bérenger, “we are shooting ourselves
in the foot”. Cependant, le gouvernement continuera sa lutte contre
la corruption pour que celle-ci n’arrête pas de reculer.
“Maintenant, la police est sans pitié sur la corruption, tout comme
l’ICAC, qui remplit pleinement sa mission”, a-t-il déclaré. Le JEC a
rejoint le gouvernement sur ce point et a parlé de la révision du
code d’éthique destiné au secteur privé pour que les choses bougent
davantage. M. Currimjee est d’avis qu’il y a un travail à faire à ce
niveau. |
 
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